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Édito

Quelle issue au casse-tête congolais ?

Mis en ligne le 30/10/2008

Par Marie-France Cros

Une nouvelle fois, des civils kivutiens éperdus se terrent dans leurs maisons ou prennent la route pour fuir des combats. Une nouvelle fois, l’armée congolaise fuit devant la rébellion de Nkunda. Une nouvelle fois, militaires et rebelles congolais n’ont pas honoré leur signature au bas de documents les engageant à faire la paix. Celle-ci est-elle possible au Kivu ? Il faut avoir l’espoir chevillé au corps pour continuer à le croire tant l’écheveau des intérêts et mauvaises volontés se conjuguent pour la rendre introuvable.

Devant le nouveau désastre en cours, on commence à évoquer une opération Artemis bis, soit l’envoi d’une force européenne pour ramener l’ordre au Kivu. Il faut savoir, cependant, que le succès d’Artemis en Ituri (Province orientale) en 2003, pour y mettre fin à une guerre entre milices ethniques créées par l’Ouganda, repose largement sur sa limitation dans le temps (trois mois) et l’espace (la seule petite ville de Bunia). Au Kivu, on est dans une tout autre dimension, et le problème n’y est pas la ville de Goma mais l’intérieur de la province. Sans compter que les effets positifs d’Artemis sont en train de se dissiper en Ituri (nouvelle guérilla; 5 000 réfugiés au Soudan et 10 à 15 000 déplacés intérieurs) parce que rien n’a été fait pour supprimer les raisons qui ont amené la guerre.

Le Conseil de sécurité a stigmatisé avec raison le récent appel de Nkunda au soulèvement des Congolais. Un appel à la fois délictueux (les autorités actuelles sont élues) et totalement irréaliste (le rebelle n’a de popularité qu’au Nord-Kivu, ailleurs il est honni).

Dans les milieux diplomatiques, on regrette aussi le peu de volonté de Kinshasa pour régler la question des FDLR (rebelles hutus rwandais sévissant au Kivu). Or leur présence au côté de l’armée congolaise, aujourd’hui encore, constitue le fond de commerce de Nkunda et la raison des mauvaises relations du Congo avec le Rwanda, qui réclame leur désarmement et leur retour au pays, où ils seront plus faciles à surveiller. En cause aussi l’absence de volonté de Kinshasa pour réformer une armée qui est le principal auteur des violations des droits de l’homme : les autorités ne se soucient que d’accroître la force de frappe de leur armée et ne croient qu’à une solution militaire. Avec les résultats que l’on voit.

Une grande part de la solution de la guerre au Kivu se trouve à Kinshasa.

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