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G20

Michel veut du "concret" pour le Sud

Olivier le Bussy

Mis en ligne le 02/04/2009

Les pays en voie de développement seront les plus touchés par la crise, dit le commissaire européen. "Il faut agir maintenant", et de manière innovante.

Une bonne nouvelle pour commencer. Lors d’une rencontre avec un quarteron de journalistes, le commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, Louis Michel, s’est félicité que les Etats membres de l’Union aient à nouveau augmenté (de 8 pc) les montants consacrés l’an dernier à l’aide des pays les plus pauvres "après le recul inquiétant enregistré en 2007".

"Mais on ne peut pas relâcher la pression", avertit le Belge. Car si les économies de l’hémisphère Nord et des pays émergents sont frappées de plein fouet par la crise financière et économique, celle-ci "frappera beaucoup plus durement encore" les pays en voix de développement (PVD), prévient le commissaire.

Et d’égréner les éléments du scénario catastrophe : les échanges commerciaux devraient diminuer de moitié et le Sud va rencontrer des difficultés à exporter ses produits. Les investissements vont se réduire de manière drastique et, last but not least, les fonds envoyés par les travailleurs immigrés vers leur pays d’origine (25 milliards d’euros, à l’échelle de l’UE) risquent de baisser de 5 à 8 pc. Tout cela alors que le prix des denrées alimentaires reste globalement élevé.

Conséquences : la pauvreté et le chômage vont croître, et "sans action de notre part, je crains que l’on voie l’instabilité se répandre en Afrique et dans les pays en développement", explique encore Louis Michel.

"Réagir rapidement"

L’inquiétante situation des PVD ne figure pas en tant que telle au menu du G20, "mais sera abordée de manière transversale, ce qui sera peut-être plus efficace", assure Louis Michel. Lequel fait confiance au Premier ministre britannique Gordon Brown (qui présidera le G20), engagé de longue date en faveur des pays en voie de développement, pour accorder au sujet l’attention qui lui est due.

L’ancien chef de la diplomatie belge déplore cependant qu’"un véritable plan de relance intégré" en direction des PVD n’ait pas été mis sur pied, à l’échelle mondiale. L’élaboration d’un tel plan "aurait envoyé un message de solidarité", juge-t-il, et aurait aussi permis d’"anticiper les effets de la crise". Le commissaire n’en attend pas moins que la réunion des vingt économies les plus puissantes de la planète débouche "sur des mesures concrètes" pour les pays du Sud. Le libéral plaide pour que l’on travaille sur des "mécanismes innovants et récurrents de financement", telle la taxe sur les billets d’avion, ou un prélèvement des revenus dégagés par la vente des quotas de CO2. A cet égard, il précise n’avoir "pas mis au placard l’idée de la taxe Tobin" sur les transactions financières.

Quoi qu’il en soit, la communauté internationale doit se mobiliser d’urgence pour les PVD, plaide la commissaire. Faute de quoi il faudra tirer un trait sur les Objectifs du millénaire, qui visent à réduire significativement la pauvreté mondiale d’ici 2015. Mais aussi "parce que nous aurons besoin de ces pays pour faire face aux défis globaux", climatique, notamment. "Si l’on ne réagit pas rapidement, nous ne pourrons pas compter sur eux" .

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