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Aide à la jeunesse

Un déficit d'image et de financement

St.Bo. et Ch.G.

Mis en ligne le 01/12/2005

La grogne monte chez les travailleurs des services d'aide à la jeunesse.

Daniel Martin, directeur de l'AMO (Aide en milieu ouvert) «Passages» à Namur et président de l'Association nationale de la communauté éducative (ANCE) nous a donné son point de vue sur le mouvement de grève de ce secteur de l'aide à la jeunesse.

«Non seulement nous sommes sous-financés mais nous sommes mal lotis et la cinquième roue du carrosse. Nous avons un problème de visibilité et de reconnaissance car nous n'avons pas envie de nous identifier comme nous occupant des jeunes des quartiers difficiles ou à problèmes.

Nous avons des missions généralistes envers les jeunes de moins de 18 ans (et leur famille) qui peuvent être maltraités, avoir des problèmes scolaires ou relever de la protection de la jeunesse. Notre public ne se compose pas seulement des petits délinquants.

De ce fait, nous avons un déficit d'image car nous voulons travailler dans l'aide consentie, faire de l'émancipation sociale, travailler pour plus de citoyenneté et non dans la répression et le sécuritaire qui sont mieux vus actuellement.

Nous faisons de l'aide sociale avec les mômes à problèmes. Ce qui n'est pas assez valorisé ni porté par les hommes et femmes politiques qui ne nous connaissent pas. Dans le non-marchand nous sommes les plus difficiles à cerner et à défendre. Nous manquons de moyens et pour nos actions et pour nos travailleurs qui bossent, entre lesquels il y a un inévitable mouvement de va et vient.

Je passe 50 à 60pc de mon temps à rechercher des subsides et des financements alternatifs dans tous les tiroirs de la Région wallonne et de la Communauté française pour nos actions.

Nos salaires ne sont pas fabuleux (11000 euros pour les éducateurs diplômés sans ancienneté) et nous aimerions qu'ils soient calqués sur le secteur hospitalier comme le sont nos horaires (gardes de nuit, horaires extra-scolaires etc...)».

Une hausse du budget

Catherine Fonck, ministre de l'Aide à la jeunesse, souligne, quant à elle, qu'elle a obtenu pour 2006 une augmentation de l'enveloppe budgétaire de l'aide à la jeunesse de 11pc (soit un budget total de 190 millions d'euros).

Elle ajoute que des conventions collectives vont être signées dans le courant de la semaine pour exécuter intégralement les accords du non-marchand pour l'année 2005 et permettre de revaloriser les salaires des travailleurs.

Même si la situation financière du secteur reste difficile, la ministre a décidé de rencontrer les fédérations de l'aide à la jeunesse pour leur proposer un calendrier de négociations dès la semaine prochaine afin de définir les priorités pour 2006.

Aide en milieu ouvert «Passages» : rue Godfroid, 26 - 5000 Namur.

Tél. : 081/220780

© La Libre Belgique 2005

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