La Libre.be > Actu > Namur-Luxembourg > Article
Province de Luxembourg
Eole citoyen donneur
Marc Vandermeir
Mis en ligne le 06/07/2009
La libéralisation a pour but de principe de faire baisser les prix. De principe puisque la libéralisation du marché de l’électricité depuis le 1er janvier 2007 en Wallonie a, on ne le sait hélas que trop bien, vu une forte augmentation des prix, pour diverses raisons.
Cette problématique, mais aussi tous les enjeux du développement durable et de la réduction des gaz à effet de serre, explique l’effort consenti, partout, en faveur des énergies renouvelables, qui permettent en outre de réduire notre dépendance énergétique. Parmi ces énergies, le vent, qui n’appartient à personne, sinon à dame nature. "Et dont communes et citoyens doivent se réapproprier la plus-value qui leur file entre les mains", estime la députée provinciale luxembourgeoise en charge du développement durable, Isabelle Poncelet.
Se réapproprier ? "Oui, car le développement actuel du secteur se fait d’une manière tout à fait déraisonnable. De gros industriels investissent dans des parcs ça et là, sans ouvrir la participation aux collectivités locales. Ce schéma va complètement à l’encontre de la réduction de la dépendance énergétique puisque ces collectivités ne sont aucunement propriétaires des éoliennes installées sur leur territoire. Ainsi, au lieu de bénéficier d’une maîtrise de l’outil énergétique et donc d’un prix de l’électricité qui ne soit soumis à aucune spéculation, les collectivités sont écartées des projets. Il est donc désormais nécessaire de reconsidérer la façon de développer le secteur en prônant la filière courte, qui est la moins coûteuse."
Et la députée de montrer par exemple, chiffres à l’appui, que l’éolien revient bien moins cher que le photovoltaïque. D’où le projet de "Groupement d’acteurs provinciaux de planification des énergies renouvelables" (Gapper) que vient de lancer Isabelle Poncelet. Un projet déjà soumis aux communes, qui se sont montrées enthousiastes, et qui vient d’être présenté à la presse, à Arlon. Ce projet ne vise donc pas que l’éolien - que du contraire - mais priorité est donnée à Eole, car il y a urgence. Urgence, selon la députée, parce que le cadre légal wallon est obsolète à tout niveau et qu’il faut prévoir la modernisation adéquate du réseau.
De plus, l’anarchie qui se dessine à très court terme risque d’entraîner de lourds problèmes, entre autres au niveau de l’opinion publique. La députée considère que la meilleure façon, pour tous, de se réapproprier le gisement gratuit d’énergie qu’est le vent passe par des partenariats public-privé et l’implication du citoyen, sans oublier le développement d’une réelle politique paysagère et de minimisation des nuisances.
La Province s’est tournée vers l’ASBL "Vents d’Houyet" (VDH), qui a une solide expertise en matière d’éoliennes. Un premier travail d’analyse du potentiel a ainsi été mené à partir d’une étude très fouillée que l’intercommunale Idelux a fait réaliser par un bureau spécialisé. Plusieurs dizaines de sites potentiellement équipables ont été localisés, sans tenir compte de la zone militaire de survol à basse altitude (204 communes sur 2 000 km2). Pour cette zone, qui pose un problème souvent répété, des négociations sont en cours en vue de la redéfinir.
Ce qui ne devrait guère présenter d’obstacle insurmontable puisque seuls 5 ou 6 parcs pourraient y être implantés. L’objectif du Gapper est donc avant tout de baliser, en approfondissant l’étude pour ne retenir que 10 à 15 sites éventuels, et ce d’ici septembre. Il s’agira ensuite d’anticiper un cadre légal cohérent et respectueux de tous. Enfin, lorsque ce travail sera accompli, il faudra alors organiser. Organiser, c’est-à-dire proposer aux communes, aux citoyens et aux entreprises de s’associer en groupements pour pleinement tirer profit de l’énergie gratuite qu’est le vent.
Cette formule de groupements aurait l’avantage de ne pas disqualifier les communes à faible potentiel. Preuve que le Gapper n’exclut aucune énergie : si cette dynamique se met en place, une même réflexion pourrait être lancée l’année prochaine sur l’énergie hydraulique et la biomasse.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...