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Province de Luxembourg | Transports ferroviaires

La voie est libre pour le nouveau Pendolino

Marc Vandermeir

Mis en ligne le 28/01/2010

Inge Vervotte estime que les travaux peuvent commencer pour mettre le Pendolino sur les rails. Mais il faut penser au type de desserte.

Ecolo Luxembourg s’en réjouit : répondant à une question de la sénatrice Cécile Thibaut, la ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte, vient à sa façon de siffler le départ du train "Pendolino" sur la ligne 161-162, Bruxelles-Namur-Arlon-Luxembourg. La ligne la plus longue du réseau de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB), et qui a tout d’un tortillard. Soulignons que, si la ministre répond à la sénatrice Ecolo, tous les élus luxembourgeois, toutes tendances confondues, se battent ensemble, depuis belle lurette, pour qu’une offre cohérente soit enfin développée sur cette ligne en termes de temps de parcours. Inge Vervotte estime en effet "qu’il en va d’un investissement limité et que, vu tous les éléments qui sont aujourd’hui sur la table, nous pouvons prendre le risque de commencer les travaux d’infrastructure".

Ce faisant, l’autorité gouvernementale de tutelle met la SNCB, dans ce cas Infrabel, au pied du rail puisque sa réponse revient à donner l’ordre de débuter les travaux d’infrastructure destinés à permettre la circulation du Pendolino. Circulation qui pourrait être prolongée, au-delà de Luxembourg, vers la troisième capitale européenne qu’est Strasbourg. Le Pendolino - un train au départ conçu en Italie, d’où son nom - est un train de type "pendulaire", c’est-à-dire dont la caisse s’incline dans les virages, permettant du coup une vitesse bien plus élevée. Une alternative au délirant projet EuroCap-Rail, qui ne résistait à aucune analyse technique, et au TGV. Depuis environ un an, beaucoup de bruit est fait autour de cette possibilité de mise en service d’un train pendulaire, qui permettrait de ramener le temps de parcours entre les deux capitales à 2h 15min, soit un gain de 22 minutes, dans le cas des liaisons les plus rapides (pour mémoire, le temps de parcours entre Bruxelles et Paris, en TGV, est d’1h25, pour une distance bien plus longue ).

La SNCB a en effet demandé une étude sur la faisabilité de mise en service de ce train. Etude qui n’a pas dû être difficile à élaborer, puisqu’en réalité elle dort dans les cartons de la SNCB depuis très longtemps. Nous en avions révélé le contenu en 1999, dans d’autres colonnes. Et, à comparer le document de l’époque, qu’un vent favorable nous avait amené, et celui - toutefois pas encore finalisé - qui a été remis fin de l’année dernière, rien ou presque n’a changé.

Si le dossier prend sans nul doute une direction positive, il convient cependant de relativiser certaines choses. Car le train pendulaire ne pourra produire ses effets que s’il peut rouler le plus possible à sa vitesse maximale. Ce qui signifie que certains points d’arrêts devront être supprimés, si l’on s’en réfère aux actuels trains Inter-City qui font toutes les gares bruxelloises, puis Ottignies, Gembloux, Namur, Ciney, Jemelle, Marloie, Libramont, Marbehan, Arlon et Luxembourg. Ceci un peu à l’image des quelques express quotidiens qui ne s’arrêtent qu’à Namur et Arlon. "Autrement dit, le Pendolino ne pourra pas s’arrêter à toutes les gares que fait pour le moment l’Inter-City", nous disent des proches du dossier. "Et il faudra dès lors prévoir, aux gares où il s’arrêtera, des correspondances correctes vers celles qui ne seront plus desservies. Or, c’est une question qui n’est pour le moment pas abordée."

Une question qui devra l’être, puisque l’heure est à attirer la clientèle vers les transports publics. Et une solution inadéquate ou incomplète reviendrait, sur cette ligne, à perdre de la clientèle.

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