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Province de Luxembourg | Énergies renouvelables

Trois sites ont le vent en poupe

Marc Vandermeir

Mis en ligne le 03/06/2010

L’étude du Gapper sur le potentiel éolien a été rendue publique. Trois zones potentielles d’implantation ressortent du classement hiérarchique.

Dites bien que ceci n’est qu’une étude indicative, un outil d’aide à la décision et que cela ne remet absolument pas en cause le pouvoir communal ni celui des autres instances concernées." La députée provinciale luxembourgeoise en charge du développement durable, Isabelle Poncelet, se l’est jouée Prudence Petitpas, hier, en présentant à la presse les résultats de l’étude du Gapper (Groupement des acteurs provinciaux pour la promotion des énergies renouvelables) sur l’analyse du potentiel éolien dans la province. Une prudence politique qui s’explique parce que le sujet est hautement sensible, entre intérêt (ou non intérêt) communal, volonté des opérateurs privés de développer leurs projets, ambition de citoyens de voir s’ériger un "éolien citoyen" et opposants à l’éolien.

L’étude, particulièrement attendue, a été effectuée par le bureau CSD, après appel d’offres. Cette recherche est une première belge. Une approche logique, qui permet d’étudier l’ensemble du territoire, plutôt que de le faire sur une seule commune, lors d’un projet, et alors que les impacts dépassent évidemment le territoire de cette commune. Le tout se place dans une vision cohérente de l’aménagement du territoire. A preuve, la démarche a suscité l’intérêt des cabinets ministériels wallons concernés et le Gapper est invité, ce 11 juin, à une table ronde de la Cellule éolien de la Région wallonne.

L’idée pourrait donc faire école. La méthodologie a pris en compte vingt-six critères, techniques, légaux et environnementaux au sens le plus large du terme. Chacun a donné lieu à l’élaboration d’une carte propre sur le territoire provincial. Et ce sont, à la fin, 26 cartes qui ont été fusionnées en une seule, après classement hiérarchique et pondération. Le tout reposait sur un double postulat : des mâts de 2 à 2,5 MW et des parcs d’au moins trois machines, pour éviter un effet de mitage dans le paysage.

Le résultat s’exprime en trois grandes zones de la province, idéales pour accueillir des parcs de 10 à 15 éoliennes : le haut plateau de l’Ardenne centrale, de Gouvy à Neufchâteau; la dépression famennoise et, tout au Sud, les côtes lorraines. Ces 0,6 % du territoire provincial sont les seuls à répondre positivement à tous les critères. Même si, au total, il y a 57 sites potentiels (plus 9, tenant compte de 6 en cours et de 3 intéressants mais en zone de survol militaire à basse altitude). Soit 272 à 324 éoliennes. Un scénario qualifié "d’irréaliste", ne serait-ce que parce que le Luxembourg n’a pas à supporter la majeure partie de l’effort wallon de production d’énergie renouvelable (selon les engagements wallon, belge et européen) et que ceci amènerait à voir implanter des mâts un peu partout.

D’où le classement hiérarchique qui a été effectué. Et où les têtes de liste sont les trois zones précitées. Le premier est à Molinfaing (Neufchâteau), à l’embranchement des autoroutes E-25 et E-411. Là, l’impact paysager et sur les oiseaux et chauves-souris (les associations Natagora et Aves ont été consultées) serait à tout le moins limité. Par contre, la zone est placée en vol d’entraînement à basse altitude.

Le deuxième site est celui d’Habay, que nous avons déjà présenté, le long de la E-411. Là, c’est la présence du Milan Royal qui pourrait faire problème, mais la disparition du centre de traitement des déchets biologiques va restreindre la présence de cet oiseau. Troisième zone, enfin, le plateau du Gerny, en Famenne, mais qui a pour désavantage d’être proche d’une station de contrôle et de mesures aéronautiques. Un quatrième lieu se situe à Sterpenich, juste à la frontière grand-ducale. Proche d’une forêt, il pourrait gêner la biodiversité et des compensations devraient être imaginées, telles que l’implantation de haies.

Reste maintenant aux mandataires publics - et dieu sait si les communes commencent à se rendre compte de la manne financière que peut représenter l’éolien -, aux citoyens (via des coopératives espérées par le Gapper) et aux opérateurs à utiliser cet outil pour en tirer le meilleur.

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