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Vivalia brûle-t -il ?
Marc Vandermeir
Mis en ligne le 07/02/2012
Notre confrère "L’Avenir du Luxembourg" s’est fait le porte-parole, il y a quelques jours, d’un médecin de l’institution pointant les avantages des Cliniques du Sud-Luxembourg, à Arlon, en termes de "plateaux techniques de soins", les mettant en liaison avec l’aide médicale urgente (AMU).
Le Dr Alain Deworme expliquait que, suite à une demande de la coordination de l’aide médicale urgente (Coamu) de la province, un inventaire des plateaux techniques de soins avait été dressé pour l’ensemble des institutions hospitalières de Vivalia, l’intercommunale unique du Luxembourg. Et qu’Arlon dispose de plateaux dans 13 spécialités différentes, tandis que les hôpitaux de Marche et Libramont n’ont, eux, que 6 plateaux opérationnels 24 h sur 24. Il ne manquerait à Arlon que deux plateaux pour que toues les spécialités soient couvertes. Ce qui a mis le feu aux poudres entre corps médicaux des institutions, pour diverses raisons. Et provoqué une ferme réaction du bureau politique du conseil d’administration de Vivalia.
Le feu aux poudres, parce que le Dr Deworme n’est pas simplement un spécialiste pratiquant à Arlon. Il est aussi vice-président PS (il est en politique sous la bannière de la rose) et membre du management de Vivalia en tant qu’interlocuteur représentant ce management au sein du comité permanent de concertation avec les conseils médicaux de chaque institution. Les articles en question arrivant de facto à un classement vantant les mérites d’Arlon comme l’hôpital de référence de la province - et alors qu’on sait que tout un plan de restructuration doit être élaboré d’ici la fjn de l’année -, la réaction ne s’est pas faite attendre. Très vite, dans les mêmes colonnes, le conseil médical de l’hôpital de Libramont, rejoint, depuis, selon nos informations, par celui de Marche/Bastogne, a indiqué ne plus vouloir traiter avec le Dr Deworme au comité permanent de concertation, puisque ce médecin prenait, selon lui, fait et cause pour Arlon. En n’ayant pas précisé sous quelle "casquette" il parlait. Et, d’ailleurs, quelle qu’elle soit, l’on peut considérer qu’il y a un flagrant conflit d’intérêt, qui n’a pas été bien mesuré.
Le comité politique du conseil d’administration, présidé par Patrick Adam, également PS, a du coup dû jouer les pompiers en urgence. Avec, à la lire entre les lignes, une déclaration sévère pour les propos du vice-président, et même une condamnation, de facto elle aussi, par une dernière phrase qui tombe comme une sentence : "A l’unanimité, le bureau politique de Vivalia regrette ces déclarations [ ] qui ont été sources de crispations inutiles." "Nous regrettons en particulier toute prise de position qui conduit à une hiérarchisation des hôpitaux. Nous ne pouvons les cautionner." Le comité souligne on ne peut plus lourdement que la liste en question n’est jamais qu’une photo de l’état des lieux des plateaux techniques de soins ce mois de janvier, à la demande de la Coamu, qui doit les agréer. Et qu’ils ne constituent en rien l’AMU - qui est et reste tout à fait opérationnelle dans toute la province -, mais n’en est qu’un prolongement, à savoir des services vers lesquels "les services régionaux de secours peuvent désormais y diriger des patients qu’ils devaient autrefois convoyer vers des hôpitaux en dehors de la province". Rien à voir, donc, avec "la disponibilité des spécialités indispensables, requises par la loi pour garantir l’agrément des services d’urgence". Et des démarches sont en cours pour compléter, à Libramont et Marche, l’offre de plateaux techniques.
Le comité passe toutefois un peu de baume en indiquant que "Vivalia vient de sortir d’une période de grande tension : le manque de décision sur l’avenir des hôpitaux qui a prévalu pendant plusieurs mois fut difficile à vivre pour certains, surtout après un investissement personnel des plus intenses dans le projet Vivalia". Ce qui est peu dire, car le corps médical de Vivalia - parfaitement unanime, cette fois - est le premier à déplorer la récente décision du conseil de demander un plan "Vivalia 2020" pour juste après les élections. Une manière de déminer la campagne, "alors que tous les éléments existent pour pouvoir l’élaborer en un mois, maximum deux, mais que des choix politiques seront à faire, dont certains ne plairont pas à tous", indiquent des médecins.
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