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Namur | Fêtes de Wallonie

"A l’oreille des pauvres"

Anne-France Somers

Mis en ligne le 22/09/2009

Dans sa traditionnelle messe en wallon, Pol Malherbe a abordé la crise. Humour teinté d'ironie et quelques petites piques au passage... Savoureux.

C’est en 1952 qu’a été instaurée cette tradition. Et depuis 1978, c’est Pol Malherbe, le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui officie. Les Namurois ne rateraient pour rien au monde ce rendez-vous. Les autorités communales et provinciales, toutes convictions confondues, aiment aussi venir se faire tirer l’oreille durant cette heure de vérité - l’heure des petites piques - grâce à l’inoxydable verve wallonne de l’abbé Malherbe et à ses talents de rassembleur.

Bien sûr, l’abbé n’a pas résisté à débuter son homélie sur le mode de la douce ironie, évoquant la restauration interminable de l’église Saint-Loup ou le Grognon : "On en parlera encore dans dix ans !", dit l’abbé, ou encore les nouvelles technologies, permettant de lire cette année, son sermon en flamand. Ce sermon, l’abbé Malherbe veut le partager avec tous, avec ceux qui partagent sa Foi, mais aussi avec ceux qui se battent pour d’autres idées.

Il se penche aussi sur notre monde difficile à comprendre. Cette année, le sermon de l’abbé des Pauvres était centré sur la crise. Non sans humour : "Je demande à tous d’avoir une pensée pour ceux à qui on tente de décrocher le parachute et qui, bien sûr, ont tout juste de quoi vivre. Je vois toust de suite que vous pensez que je dis cela pour me moquer Eh bien, vous avez raison !" Rire général

Les pauvres, l’abbé Malherbe connait. Il leur consacre sa vie : "Apprenons à partager, à donner aux plus pauvres, à ceux qui ont de la peine à survivre, si nous ne voulons pas perdre notre dignité. Les regarder avec respect, et de temps en temps causer avec eux. Il n’y a rien plus beau qu’un sourire. Pour cela, changer nos pratiques, être solidaires, quoi."

L’abbé Malherbe s’étonne aussi qu’il existe des clubs Med pour chiens. Le pauvre, lui, n’a rien... Et le prêtre n’hésite pas à tancer l’Église, qui n’a pas hésité à faire bèbèle avec les riches : "Ceux qui ont le bras long n’ont pas hésité à choisir leur camp."

Les messages de vie ont une fois encore attiré de nombreux Namurois et politiques : croyants ou non, bourgeois ou pauvres. Le soir, l’enterrement de l’Arsouille a définitivement sonné le glas des Fêtes !

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