La personnalité Ahed Tamimi est née en 2001 dans une famille de Nabi Saleh, village qui n’a jamais accepté l’implantation d’une colonie juive à proximité.

Elle n’a que seize ans et est devenue, malgré elle, une icône palestinienne. Ahed Tamimi est cette jeune fille qu’on voit, dans une vidéo virale, frapper et gifler un soldat israélien qui reste impassible. Les soldats se trouvaient à proximité de sa maison familiale à Nabi Saleh, au nord de Ramallah, où ils tentaient de disperser une manifestation contre la décision de Donald Trump d’établir l’ambassade américaine à Jérusalem. Le 1er janvier, un tribunal militaire israélien, siégeant en Cisjordanie, a prolongé sa garde à vue d’une semaine et l’a inculpée de plusieurs chefs d’accusation, dont agressions contre les forces de sécurité et jets de pierres. Sa mère est également poursuivie, notamment pour avoir diffusé la gifle infligée par sa fille en direct sur Facebook.

Seule fille d’une famille de quatre enfants, Ahed s’inscrit dans la tradition de la première intifada (1987-1991) qui a vu les femmes palestiniennes ne pas hésiter à se confronter à l’armée israélienne.

Sa mère a très vite utilisé la caméra pour mettre en scène sa fille aux yeux bleus et aux boucles blondes, archétype de la beauté occidentale, comme une héroïne de la résistance à l’occupation israélienne. On la voit dès 2012 brandir le poing devant des soldats, ce qui lui vaudra d’être invitée en Turquie par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. En 2015, elle apparaît mordant la main d’un militaire maîtrisant un enfant au bras dans le plâtre. Et en mai dernier, selon "Haaretz", elle a poussé un soldat en le traitant de "chien, animal, merde, voleur et meurtrier d’enfants".