La personnalité Certains médias ont baptisé le futur Premier ministre "le Trump tchèque".

Son mouvement ANO (Action des citoyens mécontents) a obtenu 29,6% des suffrages à l'issue des législatives. Une victoire écrasante.

Sa fiancée, de vingt ans sa cadette, s’avance en robe blanche sur les rives du lac. En juillet, Andrej Babiš s’est remarié au nid de cigognes, un complexe immobilier de luxe qui lui vaut d’être mis en examen pour détournement de fonds. Certains médias ont baptisé le futur Premier ministre "le Trump tchèque", d’autres "le Berlusconi de Prague". Âgé de 63 ans, Andrej Babiš a en commun avec ces deux trublions du bagou, de beaux succès d’affaires et un populisme assumé. "Mais lui ne mène pas une vie excentrique, écrit Jan Belicek rédacteur en chef du site A2larm.cz, et se dépeint plutôt comme un ascète, accroc au travail, qui se sacrifie pour le bien de la nation comme il s’est sacrifié pour son entreprise." Celui qui a gardé un fort accent de la Slovaquie, où il est né, a fait fortune dans l’agroalimentaire.

Doté d’une fortune de 3,1 milliards d’euros, il s’est lancé en politique sur le tard. Mais le succès est venu vite. En 2011, il fonde l’Action des citoyens mécontents (ANO). Après une campagne centrée sur la lutte contre la corruption, son parti se hisse à la seconde place aux législatives de 2013. Babiš devient ministre des Finances. Jiri Pehe le décrit comme "un oligarque aux tendances autoritaires, guère fan de démocratie". Toujours est-il que sa rhétorique populiste, anti-euro et anti-immigration séduit les Tchèques. En mai dernier, le scandale du "nid de cigognes" l’oblige à quitter le gouvernement. Un coup dur, qu’il transforme en opportunité : il lance aussitôt sa campagne.