La personnalité Après des années de violences, le leader séparatiste basque salue le virage pacifiste de son mouvement.

Le désarmement d’ETA est "un événement historique". Ce sont les termes employés par Arnaldo Otegi, 58 ans, incarnant depuis vingt ans la gauche basque abertzale, celle qui défend un Etat indépendant et qui historiquement a joué le rôle de bras politique de l’organisation terroriste.

Boucle d’oreille, cheveux ras, verbe éloquent, ce père de deux enfants à l’aspect juvénile est homme suffisamment complexe pour que l’étiquette de "Gerry Adams basque" lui soit souvent accolée. Le 11 novembre 2004, dans le stade de foot de San Sebastián, c’est lui qui, déjà, haranguait la foule abertzale en lui demandant de "miser sur des voies purement pacifiques". De la part du leader d’une organisation qui a toujours manié les bombes, les menaces de mort ou l’extorsion de fonds, cela n’avait rien d’évident. Et pour cause : il a 19 ans lorsqu’il intègre un commando de l’ETA. Ses séjours carcéraux seront à la mesure de ses faits d’armes et de sa complaisance à l’égard de l’organisation dont il justifie tout : sept années de prison entre 1987 et 2008 pour participation à l’enlèvement d’un industriel, apologie du terrorisme…

En 2004, il est accusé de "reconstituer" Batasuna, mise hors la loi en 2003. Résultat : il est de nouveau emprisonné entre 2009 et 2016. Et aujourd’hui ? Sa sortie de prison triomphale en mars 2016, a montré que les séparatistes voient toujours en lui leur indiscutable chef de file. Mais ce ne sera pas facile : il a été déclaré inéligible à toute fonction publique jusqu’à 2021, et la cause séparatiste demeure minoritaire au Parlement basque.