La personnalité Son émission battait des records d’audience, avec 3,98 millions de téléspectateurs en moyenne au premier trimestre 2017.

L’émission "The O’Reilly Factor" était depuis vingt ans le rendez-vous incontournable de la soirée pour des centaines de milliers d’Américains. Mais ça, c’était avant que Fox News, propriété de la famille Murdoch, ne décide de se séparer de son présentateur vedette, Bill O’Reilly, accusé de harcèlement sexuel. Non que la chaîne américaine - qui n’a jamais caché son faible pour Donald Trump, ce président qui aime "prendre les femmes par leur chatte" - se refuse d’avoir dans son équipe un homme qui appelle sa collègue noire "hot chocolate" ou téléphone à des consœurs pendant qu’il se masturbe. 

Après tout, Bill O’Reilly et Fox News ont versé au total 12,2 millions d’euros à cinq femmes pour étouffer leurs accusations de harcèlement sexuel et éviter des poursuites judiciaires. Mais depuis les révélations du "New York Times", parues le 1er avril, les annonceurs avaient commencé à fuir comme la peste une émission qui pourtant n’a jamais cessé de régner sur les audiences. Il faut dire qu’après le scandale impliquant l’ancien PDG de la chaîne, Robert Ailes, accusé d’avoir licencié une présentatrice pour avoir refusé ses multiples avances, cela commençait à faire beaucoup d’hommes accusés de harcèlement sexuel chez Fox News. Il n’empêche que Bill O’Reilly, dont le salaire annuel s’élevait à 18 millions de dollars, ne partira pas bredouille. D’après CNN, le présentateur recevra une compensation qui se compte en "dizaines de millions de dollars"

De quoi le remercier pour toutes ces années où il aura partagé ses idées, à la limite du racisme, voire racistes tout court. "Comment allez-vous leur trouver des emplois [aux Afro-Américains] puisque la plupart ne sont pas éduqués et ont des tatouages sur leur front ?", demandait-il à Donald Trump le 11 avril 2016. Et c’est toujours Bill O’Reilly qui nous apprenait en juillet 2016 que "les esclaves qui ont participé à la construction de la Maison-Blanche étaient bien nourris et avaient des logements décents". Ou qui lançait à un invité noir, professeur à la Columbia University, qu’il ressemblait à un "dealer de cocaïne". Autant de déclarations qui ont poussé l’animateur du "Daily Show", Trevor Noah, à se demander "pourquoi les annonceurs ont-ils attendu si longtemps avant de quitter l’émission ?".