La personnalité

Elle est la reine incontestable du Festival du Cannes, dont la 69e édition débute ce 11 mai. Isabelle Huppert souffle cette année son vingtième film sélectionné en compétition - un record absolu.

En quarante ans de carrière, elle y a décroché deux prix d’interprétation ("Violette Nozière", 1978, et "La Pianiste", 2001). Elle a aussi présidé le jury en 2009. Isabelle Huppert présente cette année le nouveau film de Paul Verhoeven, le bien nommé "Elle".

A 63 ans, elle y incarne une femme indestructible. Violée en début de récit, elle reprend totalement le contrôle de la situation, en femme battante et de tête. Le rôle synthétise sa carrière, marquée autant par des figures de femmes fortes, libres et autonomes, que de tordues excentriques et barrées.

La comédienne a une des plus belles filmographies du cinéma français, plus longue et rigoureuse que celles de ses contemporaines Miou-Miou et Isabelle Adjani - un temps sa rivale.

Elle a tourné avec les plus grands de son temps, de Claude Chabrol à Michael Haneke en passant par Bernard Blier, François Ozon, Michael Cimino, Marco Ferreri. Son parcours international dépasse l’horizon hollywoodien, et traverse tout le cinéma d’auteur contemporain.

De là à voir en l’actrice l’incarnation de la raison d’être du Festival de Cannes, il n’y a qu’une marche. "Elle" et Mme Huppert synthétisent aussi une des lignes de force de cette édition 2016, où l’on relève déjà sur papier plusieurs films très féminins, potentiellement féministes : le "Julieta" de Pedro Almodovar, "The Neon Demon" de Nicolas Winding Refn, "Personal Shopper" d’Olivier Assayas, "American Honey" d’Andrea Arnold, sans oublier "La fille inconnue" des Dardenne.