La personnalité Pour Carrie Lam, il n’y a "aucune différence" entre les visions de la Chine et de Hong Kong sur l’avenir du territoire.

Carrie Lam, 59 ans, est devenue dimanche la première femme à diriger Hong Kong, qu’il s’agisse de l’ex-colonie britannique ou de la "région administrative spéciale" (SAR) de Chine créée en 1997 à l’occasion du transfert de souveraineté. Elle a obtenu sans surprise, puisqu’elle avait les faveurs du parti communiste chinois, une très large majorité de soutiens au sein du Comité électoral ad hoc (777 voix sur 1194, contre 365 à son rival, John Tsang, et 21 à un troisième candidat, Woo Kwok-hing.)

Sa priorité, a déclaré Mme Lam à peine désignée, sera de "guérir les fractures". Le chef de l’exécutif aurait dû, en effet, être choisi au suffrage universel cette année. Il n’en a rien été parce que la direction chinoise à Pékin et le mouvement démocratique à Hong Kong (perçu à tort ou à raison comme hostile au parti communiste) n’ont pas réussi à s’entendre sur le processus. La légitimité de l’heureuse "élue" est donc aussi contestée que sa personnalité.

Compétente selon ses admirateurs, terne aux yeux de ses détracteurs, Carrie Lam ne ressemble guère à une autre femme qui brilla avant elle au firmament de la vie politique de Hong Kong, Anson Chan. Comme celle-ci, Mme Lam était parvenue à la deuxième plus haute marche du podium : en tant que "Chief Secretary", elle dirigeait depuis cinq ans l’administration de la SAR, dans l’ombre du précédent chef de l’exécutif, le très impopulaire Leung Chun-ying. C’était déjà le couronnement d’une carrière tout entière vouée à la fonction publique pour cette femme formée à l’Université de Hong Kong, puis à Cambridge, qui travailla sans discontinuer dans l’ex-colonie, hormis un bref passage à la direction du bureau de représentation commerciale de Hong Kong à Londres.

Cependant, contrairement à Anson Chan, qui a plaidé après son départ du gouvernement pour plus de démocratie à Hong Kong, Carrie Lam se distingue par une totale soumission à Pékin. Ce qui ne l’a pas empêchée de se présenter comme la candidate "du changement", au moins sous l’angle social puisqu’elle a promis de combattre la pauvreté et de réformer la politique du logement.