La personnalité

C’est l’un des hommes les plus puissants du football italien et, pour une fois au moins, on peut dire qu’il a frappé fort… et dans la bonne direction. Claudio Lotito est depuis 2004 le propriétaire et le président de la Lazio de Rome, ce club très particulier qui compte parmi ses tifosi une frange de supporters “ultras” particulièrement racistes, habitués à pousser des cris de singe dès qu’un joueur de couleur se produit sur le terrain.

Agé aujourd’hui de 60 ans, le patron de la Lazio a été escorté depuis des années par un cortège de casseroles et de suspicions, notamment à propos de transferts douteux. Pas vraiment ce qu’il imaginait quand il a racheté le club, alors au bord de la faillite, en 2004. Un club qui est une véritable institution du football italien et auquel il comptait rendre son lustre d’antan. Pari plutôt raté puisque seules deux Coupes d’Italie (2009 et 2013) sont venues garnir le palmarès du club depuis son arrivée à sa tête.

De quoi perdre progressivement le contact avec ses supporters, qui lui reprochent son côté trop “businessman” – “il vend systématiquement les meilleurs joueurs du club” – et son égocentrisme.

Mais ce personnage sombre et trouble – surnommé “le parrain du football italien” par une partie de la presse locale –, vient cette fois de s’illustrer dans le bon sens  : mardi, il est allé déposer une gerbe de fleurs devant la synagogue de Rome et a annoncé que son club emmènerait chaque année 200 jeunes supporters à Auschwitz. Le tout en réaction à l’attitude des supporters de la Lazio lors du dernier match du club, dimanche soir, qui avaient détourné des images d’Anne Franck, la montrant avec le maillot de la Roma, club qui est le rival historique de la Lazio de Rome. 

L’affaire a déclenché une véritable tempête médiatique dans la Botte, à laquelle le président de la Lazio n’a pu que répondre  : “La plupart de nos supporteurs sont avec nous contre l’antisémitisme”, a insisté mardi Claudio Lotito, mis sous pression tant par la communauté juive de Rome que par le président italien, Sergio Mattarella, ou le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.