La personnalité Johan Van Herck a accepté de succéder à Réginald Willems il y a 6 ans déjà.

Si David Goffin ou Steve Darcis sont les joueurs qui frappent la dernière balle qualificative lors des week-ends de Coupe Davis, Johan Van Herck est celui qui prononce les premiers et derniers mots de ces semaines.

Le capitaine de l’équipe belge est un personnage fascinant qui a prouvé que, en 2017, il était encore possible de parler de valeurs sans passer pour un ringard.

Ancien joueur professionnel né en 1974, il avait remisé au placard sa raquette en 2001, huit ans après être entré sur le circuit ATP.

Victorieux de 8 titres en challenger, il s’est hissé à la 65e place mondiale en 1997 alors que la Belgique s’enflammait après les exploits de Filip Dewulf à Roland Garros. Durant sa carrière, il en a profité pour remporter 7 matchs pour son pays.

L’histoire ne retiendra pas vraiment le passage de Van Herck comme joueur. En revanche, ce natif d’Herentals a soigné chirurgicalement sa reconversion. Il passe à Tennis Vlaanderen et participe au développement des jeunes promesses du Nord du pays. Alors qu’il se penche sur le cas de Joris De Loore, il est appelé en urgence au chevet de l’équipe belge de Coupe Davis. Réginald Willems vient d’être démis de ses fonctions à la suite d’une semaine compliquée à Charleroi où les Belges s’étaient noyés contre l’Espagne de Rafael Nadal.

Sur la pointe des pieds, ce grand chauve débarque avec, dans ses valises, un catalogue de valeurs. De véritables valeurs. Des valeurs qui transforment une série de bons joueurs en machines de guerre sur un terrain.

Le 16 septembre 2011, la Belgique découvre donc Johan Van Herck version capitaine à l’occasion d’un match de barrage contre l’Autriche. La défaite est au rendez-vous. Malisse, Rochus, Darcis et Bemelmans étaient pourtant un quatuor de choc. Van Herck ne s’en émeut pas. Il a une vision. L’esprit d’équipe est le seul coup qui ne se construit pas en une semaine. A force de patience, il insuffle son authenticité, son intégrité et son sens de la justice à ses protégés. Il l’ignore encore, mais il aura le privilège de mener une équipe enviée par la plupart des pays du monde. Cette équipe de guerriers se transcende car elle a eu un bon maître. Un maître qui ne triche pas. Un maître qui ne travestit pas sa personnalité.