La personnalité Esperanza Aguirre, la dame de fer de Madrid, vient de démissionner à la surprise générale de tous ses mandats publics.

Depuis 1983, Esperanza Aguirre, 65 ans, a été une des plus fortes personnalités de la droite espagnole. "Contre la corruption, l’action de la justice n’est pas assez", a déclaré Esperanza Aguirre - dit "Espe" - lors de sa démission. Certains ont cru savoir qu’elle suggérait ainsi la voie à suivre pour le Premier ministre, Mariano Rajoy, son rival au sein du Parti populaire (PP, droite). Pour Aguirre, c’était la troisième démission de sa carrière et la suite logique de l’arrestation (pour corruption) d’Ignacio González, son successeur au poste de président de la région de Madrid. Depuis les élections locales de 2015, Esperanza Aguirre était échevine, chef de l’opposition municipale et porte-parole du PP dans la capitale. Celle qu’on appelle aussi "la lideresa" (la cheffe), a été ministre de l’Education, présidente du Sénat, présidente régionale et secrétaire générale du PP dans la région de Madrid. Fille d’un comte et comtesse par mariage, son idéologie a fait d’elle la "Dame de fer de Madrid" qui vantait les privatisations. Personnalité populaire par son franc-parler, "castizo" (madrilène de pure souche), Aguirre utilise un vocabulaire oscillant entre charme et insolence. Quand elle était échevine, elle n’a pas hésité à mettre les gaz en plein centre de Madrid, laissant pantois les policiers qui voulaient lui imposer une amende. "Espe" a survécu à un cancer et à un accident d’hélicoptère. En 2008, elle était dans un hôtel de Bombay, en Inde, quand celui-ci a été attaqué par des terroristes. Bilan : 188 morts et 300 blessés. Aguirre, elle, a réussi à s’évader sans attendre ses collaborateurs. "Je suis sortie pieds nus, en marchant sur les flaques de sang", a-t-elle expliqué.

Son gros souci ? Le nombre de ses proches impliqués dans les principales affaires de corruption. "J’ai nommé des gens à 500 postes, déclarait Aguirre, seuls deux parmi tous ceux-ci sont des filous." A qui fait-elle allusion ?

Difficile de ne citer que deux noms tant la liste de ses proches tombés pour corruption est longue. Comme à Bombay, la dame de fer de Madrid, qui vient de démissionner à la surprise générale de tous ses mandats publics, fuit le danger qui frappe son entourage avant qu’il ne soit trop tard.