La personnalité Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, première femme et "patronne" venue de l’Est à occuper ce poste.

La Bulgare de 65 ans, née à Sofia, espérait quitter ses fonctions dans un mois sur une note moins amère. Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco, scrutait l’annonce imminente du nom de son successeur. La lutte finale était engagée depuis lundi et deux candidats se détachent après trois jours de vote, la Française Audrey Azoulay, 45 ans, et le Qatari Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari, 69 ans, tous deux anciens ministres de la Culture. L’annonce officielle du nom du prochain directeur général de l’Unesco sera faite et validé le 10 novembre prochain.

Irina Bokova, qui achève ses deux mandats marqués par des dissensions politiques et les difficultés financières de l’organisation, pouvait espérer terminer en pente douce. C’était compter sans la nouvelle administration américaine. Un mode de gestion pas très en phase avec la culture de Madame Bokova, elle qui fut élevée dans le sérail du parti communiste bulgare dont son père, Gueorgui Bokov, était un cadre important. Une vraie apparatchik cette jeune Bokova, mais pas seulement. La jeune fille fait montre rapidement d’un sérieux et d’une vivacité d’esprit, qui - sans oublier l’appui de papa, rédacteur en chef du magazine du PC bulgare - lui permettent d’intégrer, après des études secondaires en anglais, l’institut des relations internationales de Moscou, l’antre de tous les futurs diplomates de ce qui était encore le bloc de l’Est.

Une jeunesse dorée et un itinéraire tout tracé dans la politique. Elle sera vice-ministre des Affaires étrangères, avant de devenir ambassadeur en France et à Monaco au début des années 2000. C’est alors qu’elle se rapproche de l’Unesco dont elle intègre le Conseil exécutif en 2007, avant de devenir vice-présidente du groupe francophone des ambassadeurs auprès de l’Unesco et d’être élue de justesse, à la tête de l’institution, en novembre 2009.

Mais il était dit que la dernière ligne droite de l’année 2017 serait compliquée pour Mme Bokova dont le mari, Kalin Mitrev, représentant bulgare auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), est poursuivi par la justice de son pays pour blanchiment dans un dossier de pots de vin versés par… l’Azerbaïdjan.