La personnalité

Gérant d’un vidéoclub et de discothèques au Portugal il y a 20 ans, Jorge Mendes, 50 ans, est aujourd’hui le super-agent du foot, avec des clients comme Cristiano Ronaldo, et désormais au cœur du scandale "Football Leaks"  sur l’évasion fiscale dans la galaxie du ballon rond.

Surnommé "le requin" par des agents concurrents, Mendes aimait jusqu’ici la discrétion. L’homme de petite taille se fait rare en interviews. Il n’apparaissait que furtivement dans les galas autour du foot, teint hâlé, sourire impeccable à la George Clooney, téléphone en main ou à l’oreille, toujours connecté à la centaine de joueurs ou coaches dont il gère les intérêts. Mais depuis vendredi soir son nom et son visage font les gros titres. L’enquête "Football Leaks", réalisée par plusieurs médias européens, dénonce ainsi "les rouages du système de dissimulation fiscale mis en place" par le Portugais, pour "soustraire au moins 185 millions d’euros de revenus de sponsoring à la vue des administrations fiscales, via un réseau de sociétés écrans et de comptes offshore en Irlande, aux îles Vierges britanniques, au Panama et en Suisse". Mendes conteste ces accusations. L’histoire de Mendes était jusqu’ici celle d’un self-made-man. Fils d’un ouvrier de l’industrie pétrochimique de la banlieue de Lisbonne, il a quitté la capitale portugaise à tout juste 19 ans pour s’installer dans la région de Viana do Castelo (nord-ouest), où il s’est vite révélé dans les affaires. Le vidéoclub ouvert a prospéré et l’homme a rencontré son tout premier joueur, le gardien Nuno Espirito Santo, dans une discothèque qu’il gérait à l’époque. Mendes, ancien footballeur semi-professionnel, commença dès lors à tisser des liens étroits avec les joueurs portugais qu’il approchait en étendant son réseau et avec les recruteurs envoyés par des clubs étrangers.

Interrogé ses méthodes de travail, Mendes avait confié un jour : "Je ne suis pas de ces agents qui courent après les joueurs en leur faisant des promesses. Parfois, leur situation est quasiment réglée et eux-mêmes n’en savent encore rien".