La personnalité 1987. Kendrick Lamar Duckworth voit le jour à Compton, Californie, le matin du 17 juin. 1995. A 8 ans, il participe au clip de "California Love" de ses idoles Tupac Shakur et Dr. Dre. 2012. Son deuxième album, "Good Kid, M.A.A.D City", le révèle aux oreilles du grand public. 2016. C’est la consécration pour Kendrick Lamar qui remporte cinq trophées aux Grammy Awards.

Il est le nouveau kid de Compton - banlieue chaude de L.A. et berceau du hip hop californien -, dont il se voyait d’ailleurs remettre les clés des mains de la maire Aja Brown, samedi dernier. Honneur suprême pour qui a poussé de ce côté. Rappeur incandescent et surdoué, adoubé par le godfather Dr. Dre. L’Américain a tout : la voix, le flow, la musicalité, la technique, le propos… Et déjà plus d’une décennie de rimes au compteur. Dans la nuit de lundi à mardi, Kendrick Lamar a crevé l’écran des Grammy. Devenant officiellement le taulier du genre et remportant cinq trophées sur onze nominations, l’année de ses 28 ans. La grande distribution de gommettes musicales d’Oncle Sam a ainsi consacré son troisième album, brûlant "To Pimp a Butterfly", où le emcee injectait à son rap toujours plus engagé (voire politique) des élans funk, jazz et spoken word. C’est de ce disque - écoulé à 800 000 exemplaires rien qu’aux USA - qu’est issu le titre "The Blacker The Berry", interprété en live cette nuit au Staples Center de la cité des anges. Un show époustouflant et une mise en scène comme seule l’Amérique est capable d’en offrir. Dans un décor carcéral, affichant un œil au beurre noir et affublé d’habits de prisonnier, puis au pied d’un gigantesque brasier, dans l’atmosphère tribale d’une Afrique fantasmée, Kendrick Lamar a chanté sa rage et dénoncé à l’envi la violence dont sont encore victimes les Noirs aux Etats-Unis. Armés de paroles lourdes de sens, comme "Je suis noir comme la Lune/J’ai les cheveux crépus […] Vous me haïssez, n’est-ce pas ?/Vous voulez détruire ma culture" , ou encore "On hait les flics/Ils veulent nous laisser pour morts dans la rue, c’est sûr" , échappé du morceau "Alright" joué dans la foulée. Une chanson devenue hymne du mouvement militant Black Lives Matter, actif outre-Atlantique depuis 2013. Et une prestation saluée par la Maison-Blanche qui en plaçait une sur Twitter pour "K-dot" et tous les artistes qui, comme lui, "travaillent à la construction d’un avenir meilleur" . Comme Martin, "Kendrick had a dream" , et il est en passe de se réaliser.


Retour sur le parcours de Kendrick Lamar