La personnalité Ce Canadien né en 1950, ancien de la marine marchande et de Greenpeace, est le fondateur de l’ONG Sea Shepherd.

Non, nous ne nous rendons pas !" Paul Watson conserve l’attitude virile dont il est coutumier. Le "capitaine" canadien sexagénaire et patron de l’organisation écologiste Sea Shepherd a annoncé lundi qu’il renonçait à sa campagne annuelle de harcèlement des baleiniers japonais dans l’océan Pacifique Sud. Le marin, comme l’ONG qu’il incarne, sont connus pour leurs méthodes musclées. L’ancien garde-côte à la barbe blanche bien fournie, qui se présente souvent vêtu d’un tee-shirt décoré d’une tête de mort - le logo de son ONG - a été qualifié de terroriste par le Japon et a même fait des séjours en prison. Celui qui est cofondateur de Greenpeace - qu’il quitta lorsque celle-ci s’engagea trop, selon lui, dans la voie du compromis - y a rodé ce qui est devenu sa technique favorite : à bord d’un bateau, tenter de faire échouer des projets controversés en mer (chasse aux phoques, à la baleine, essais nucléaires…), en usant de son navire comme d’un obstacle. Certaines nations l’ont ensuite accusé de mettre les équipages en danger.

Avec Sea Shepherd, Paul Watson est engagé depuis 2012 dans de spectaculaires opérations en haute mer dont le but est d’empêcher les navires japonais de chasser la baleine. Le Japon prétend pêcher les baleines à des fins scientifiques. Mais les organisations de défense des cétacés ainsi que plusieurs pays estiment que Tokyo utilise de façon malhonnête une exception dans le moratoire sur la pêche à la baleine datant de 1986. La viande de baleine est en effet très prisée des Japonais. Cette année, Paul Watson et ses équipages resteront donc à quai. "Nous avons découvert que le Japon recourt désormais à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd", justifie Paul Watson. "S’ils savent où nos navires se trouvent à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter. Nous ne pouvons lutter contre leur technologie de type militaire."

Le médiatique marin canadien insiste cependant : "Non, les baleiniers japonais n’ont pas gagné. Mais nous n’avons pas leurs ressources financières, leurs technologies. Nous devons trouver des stratégies alternatives. Et nous en trouverons !" Paul Watson souligne qu’avec ces opérations, il a déjà sauvé des milliers de cétacés et révélé au monde les activités illégales des baleiniers japonais.So. De.