La personnalité C’est à Herbert Kickl que l’on doit, par le passé, les sorties les plus ouvertement antisémites et xénophobes du FPÖ.

Avec trois ministères régaliens et l’arrivée au pouvoir de ses principaux dirigeants, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) entre en force dans le gouvernement Sebastian Kurz. Le parti d’extrême droite décroche entre autres, et pour la première fois, le poste convoité de ministre de l’Intérieur, qui revient à Herbert Kickl, considéré comme l’éminence grise du FPÖ. C’est lui qui a, depuis vingt ans, forgé la stratégie et ciselé les slogans les plus frappants du parti.


A 49 ans, Herbert Kickl sort donc de l’ombre pour prendre les rênes de l’un des ministères les plus puissants de la République autrichienne. Auteur des discours de Jorg Haider puis de Heinz-Christian Strache, ce Carinthien à fines lunettes est notamment à l’origine de l’expression "Napoléon de poche", employée en 2000 par Haider pour ridiculiser le président français Jacques Chirac. C’est à lui également que l’on doit, par le passé, les sorties les plus ouvertement antisémites et xénophobes du parti. 

Issu d’un milieu modeste, ce pragmatique connu pour sa fine capacité d’analyse a toutefois su prendre acte de l’échec électoral de la ligne dure du FPÖ et initier le recentrage de l’image du parti afin de le rendre plus fréquentable aux yeux des Autrichiens, sans céder toutefois sur le fond. Le désormais "premier flic" d’Autriche est très attendu sur plusieurs dossiers sensibles qui lui reviennent, en particulier celui des questions mémorielles, comme le financement public du musée de Mauthausen sur les persécutions nazies ou encore l’avenir à réserver à la maison natale d’Hitler à Braunau.