La personnalité Leïla Zerrougui ne sera pas une novice au Congo, où elle a déjà été en poste.

L’Algérienne Leïla Zerrougui, 61 ans, deviendra le 1er février prochain la représentante du secrétaire général de l’Onu au Congo et la "patronne" de la Mission de l’Onu dans l’ex-colonie belge (Monusco), la plus importante des opérations de maintien de la paix dans le monde avec 21 000 personnes déployées (dont 16 000 militaires) et un coût de plus d’un milliard de dollars par an. Elle remplace le Nigérien Maman Sidikou, 68 ans, qui occupait cette fonction depuis 2015 - et n’y a guère brillé.

Il faut dire que maintenir la paix n’est guère facile dans un pays comme le Congo-Kinshasa, où le régime refuse de passer la main et ne connaît qu’une réponse à opposer à ses critiques : la violence. L’Onu y entretient un contingent de casques bleus depuis 1999.

On sait que le nouveau secrétaire général de l’Onu, le Portugais Antonio Guterres, désirait une femme africaine pour ce poste et Leïla Zerrougui offre un profil idéal pour l’occuper.

Cette brillante juriste est experte en droits de l’homme et administration de la justice. Elle avait été nommée en 2000 à la Cour suprême d’Alger et comme conseillère juridique à la Présidence.

Sa carrière internationale l’a placée au poste de représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu pour les Enfants et les Conflits armés, de septembre 2012 à mai 2017. Juste avant cela, elle avait été le "numéro deux" de la mission de l’Onu au Congo, de 2008 à 2012. Elle était donc présente lors des élections présidentielle et législative de 2011, jugées "non crédibles" par les observateurs nationaux et internationaux.

C’est dire si elle connaît la tâche ardue à laquelle elle a accepté de s’atteler, même si la situation est aujourd’hui pire qu’à l’époque où elle était présente au Congo. Le président Joseph Kabila, hors mandat depuis décembre 2016, renâcle en effet à quitter le pouvoir; consacre toute son énergie à rester en place sans plus travailler au progrès du pays; et est accusé de multiplier les foyers de conflit (qui ont fait 4 millions de déplacés) pour avoir un prétexte pour encore retarder les élections.