La personnalité Marcel Campion, le "roi des forains", a fait fortune grâce, notamment, à son concept des festivités "clef en main" proposées aux municipalités.

Emmanuel Macron, le président français, fait face à une rentrée politique agitée. En première ligne de la contestation contre la réforme du Code du travail, les syndicats, évidemment, mais ils ne sont pas les seuls à manifester. Ils peuvent compter sur le soutien aussi surprenant que massif des forains. Mais s’ils se retrouvent associés dans la grogne, syndicalistes et forains n’ont pas le même objectif. Foin de code du travail pour ces derniers. Non, s’ils ont décidé de paralyser Paris et quelques grandes villes de France, c’est pour contester une ordonnance prise le 19 avril… sous le quinquennat de François Hollande qui leur impose de lourdes contraintes administratives et qui oblige désormais les municipalités à organiser un appel d’offres pour tous les emplacements publics d’animation.

A la tête de ce mouvement, Marcel Campion alias le "roi des forains", ancien gérant de la grande roue de la place de la Concorde (Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait tenté de l’en déloger, il s’y est cassé les dents). A 77 ans, ce véritable homme d’affaires ne mâche pas ses mots. Il prétend par ce combat sauver "une tradition séculaire française". "C’est la mort de notre métier. C’est la fin d’une tradition foraine où les forains reviennent au même endroit chaque année", s’est-il insurgé.

Marcel Campion, c’est un self-made-man fort en gueule qui n’aime rien tant que donner le vertige à ses clients mais aussi à la classe politique tous partis confondus. L’homme à la carrure épaisse s’est constitué, au fil des ans, un solide carnet d’adresses polymorphe car à côté de ses talents de businessman, Campion est aussi un "artiste" de la guitare manouche qu’il gratte volontiers. Mais Campion, le chantre le plus médiatisé du monde des "métiers" (nom des attractions dans son argot), "pèse lourd", comme le dit un de ses collègues qui préfère l’anonymat. Une tirelire bien remplie qu’il s’est constituée grâce à sa mainmise sur les chalets du marché de Noël aux Champs-Elysées, la fête des Tuileries après avoir longtemps tenu la Foire du Trône et la Fête à Neu-Neu… De quoi amasser une fortune, dans un secteur où le liquide est roi. Des insinuations qu’il balaie d’un revers de la main en affirmant qu’il a les justificatifs pour tout.