La personnalité

Le vote des ministres des Finances des Etats membres de la zone euro a confirmé les pronostics : le Portugais Mario Centeno succédera au Néerlandais Jeroen Dijsselbloem au poste de président de l’Eurogroupe. Il a été élu au second tour, lundi à Bruxelles, par les grands argentiers des Dix-neuf, face au Luxembourgeois Pierre Gramegna – le Slovaque Peter Kazimir et la Lettonne Dana Reizniece-Ozola avaient jeté l’éponge dès le premier tour.

Mario Centeno cochait beaucoup de cases pour être désigné primer inter pares. La famille socialiste réclamait le poste, les conservateurs du Parti populaire européen trustant déjà les présidences de la Commission, du Parlement et du Conseil européen. De plus, les pays du sud estimaient que leur tour était venu d’avoir “un des leurs” à la tête de l’Eurogroupe. Le quinquagénaire originaire de l’Algarve n’est pas encarté, mais il est depuis novembre 2015 ministre des Finances d’un gouvernement socialiste, soutenu par la gauche radicale. Le profil de ce professeur d’économie est cependant assez “libéral”, pour plaire à la droite. Enfin, le Portugal, qui fut un pays sous programme d’aide financière, parvient aujourd’hui à allier croissance économique et rigueur budgétaire.

L’Allemand Wolfganf Schäuble, ex-homme fort de l’Eurogroupe, avait d’ailleurs qualifié Mario Centeno de “Ronaldo de l’Ecofin (le Conseil des ministres de l’Economie et des Finances)”, en référence au célèbre footballeur – la comparaison vaut ce qu’elle vaut, mais a marqué les esprits. Pour l’anecdote, si le joueur du Real Madrid a été formé au Sporting Lisbonne, Mario Centeno est pour sa part grand supporter du rival lisboète de Benfica.

Ce père de trois enfants, qui a étudié à Harvard et fait ses armes au sein de la Banque centrale portugaise, entamera son mandat (renouvelable) de deux ans et demi le 13 janvier 2018.

Il sera, dès le début, confronté à un dossier d’importance : la troisième revue du plan d’aide à la Grèce et le débat sur la restructuration de la dette grecque. De par sa nouvelle fonction, Mario Centeno sera aussi l’un des architectes de la réforme de la zone euro et de la transformation du Mécanisme européen de stabilité en Fonds monétaire européen.