La personnalité Leader syndical respecté, Michel Abdissi, 61 ans, est le seul signataire du préavis de grève de ce mardi 10 octobre.

Son modus operandi est connu et - visiblement - apprécié par son entourage professionnel : il écoute (beaucoup), analyse (scrupuleusement), construit ses arguments, calme le jeu ou contrecarre et tape du poing sur la table si nécessaire. Tel un syndicaliste expérimenté et… posé. Car c’est bien ce dernier qualificatif qui revient le plus souvent lorsqu’il s’agit de brosser le portrait de Michel Abdissi. "Il fait preuve d’un calme olympien en toutes circonstances. C’est son arme et elle est redoutable", nous confie-t-on dans les rangs de sa garde rapprochée. Au sein du syndicat socialiste, l’homme s’était illustré dans son rôle de médiateur lorsque de vives tensions étaient survenues entre l’aile francophone et son pendant flamand (Acod). "Michel est parvenu à sauvegarder un syndicat national fort, c’est l’un de ses plus grands mérites…"

Aux commandes de la CGSP Cheminots depuis 2012, Michel Abdissi, bientôt 62 ans, a été réélu à son poste en mai 2016. "Je souhaite poursuivre mon, notre combat en continuant à engranger des résultats", déclare-t-il. Il est le troisième Namurois à présider la CGSP Cheminots après Alphonse Tonneaux, qui l’a dirigée pendant 20 ans et José Damilot. Cheminot jusqu’au bout des ongles, il a entamé sa carrière à 22 ans en tant que technicien à l’atelier de Ronet. Il connaît tous les rouages du syndicat socialiste. Il y a gravi tous les échelons, depuis la présidence de la section locale de Renaix jusqu’à sa fonction actuelle en passant par le secrétariat général du syndicat en 2008.

Parmi les dossiers chauds et symboliquement forts à son actif, on épinglera sans conteste la fameuse réforme des structures du groupe ferroviaire belge, dossier dans lequel les syndicats avaient défendu bec et ongles (sans succès) le retour d’une structure intégrée. Le plan stratégique pour la SNCB de la ministre Galant (MR) avait également cristallisé toute la colère des cheminots. Les récentes sorties d’une série de ministres du gouvernement Michel concernant une potentielle privatisation de la SNCB ainsi que l’actuel débat autour du service minimum n’ont fait que raviver cette colère. La preuve en images… ce mardi.