La personnalité De retour au pays après sa convalescence, le Président du Nigeria laisse pourtant les rênes du pouvoir à son vice-Président.

Les Nigérians l’avaient élu à la Présidence, en mars 2015, sur sa réputation de "seul" ministre du Pétrole puis Président (1983-85) - à l’époque de la dictature militaire - qui ne s’était pas enrichi à ces postes et avait sévèrement combattu la corruption.

Vendredi, de retour après deux mois de "repos médical" à Londres, le président Muhammadu Buhari, 74 ans, est apparu amaigri, fragile et apparemment guère plus capable d’imposer sa volonté à son entourage.

En effet, lors d’une réunion publique avec des membres du gouvernement, vendredi, il a dit n’avoir "pas le souvenir d’avoir été aussi malade" depuis sa jeunesse ni "de la dernière fois où j’ai eu des transfusions de sang".

Et d’ajouter qu’il laissait les rênes du pouvoir à son vice-Président - qui a assuré l’intérim avec les pleins pouvoirs - pour "continuer à se reposer". Cela n’a pas empêché un porte-parole de la Présidence d’affirmer ensuite sur Twitter que le chef d’État formaliserait "son retour au travail" ce lundi, tandis qu’un des proches du convalescent assurait que la déclaration de ce dernier sur la poursuite de son repos était "une blague".

C’est que le vice-Président Yemi Osinbajo, au dynamisme remarqué, est chrétien. Or, la mort en 2010 du président musulman Yar’Adua avait déséquilibré l’alternance non écrite musulman/chrétien à la tête de l’État puisque son vice-Président chrétien, Goodluck Jonathan, avait accédé à la Présidence avant son heure. Un coup du sort que certains ne veulent visiblement pas voir se répéter.