La personnalité Naji Habra fait le pari des pédagogies innovantes pour maintenir la réputation pédagogique de l’UNamur.

A l’Université de Namur, c’est une petite révolution qui a porté ce lundi au poste de recteur Naji Habra. Pour la première fois en effet, l’élection se faisait au suffrage universel. Précédemment, c’était encore le Général des Jésuites qui, à Rome, choisissait entre trois noms que lui avait préalablement soumis l’Assemblée générale de l’Université. "Mon successeur aura dès lors d’autant plus de légitimité", s’est réjoui Yves Poullet, le recteur actuel qui rendra son tablier en septembre après deux mandats.

Avec plus de 53,5 % des suffrages (pour 43,5 à Muriel Lepère et 3 % de votes blancs), Naji Habra pourra en effet s’appuyer sur un scrutin rudement mené qui aura rassemblé étudiants, professeurs, chercheurs et membres du personnel administratif. Pour autant, ce lundi face à la presse, il s’est montré prudent et presque pudique, refusant de tirer des plans sur la comète. Une fusion avec l’UCL ? "Evoquer ce mot est prématuré." Des collaborations particulières avec certains acteurs ? "L’isolement n’est pas une solution, mais je veillerai à dialoguer avec tous ceux qui partagent nos valeurs humanistes, jésuites et qui sont soucieux de l’autonomie universitaire. Notre petitesse et le fait que nous n’avons pas de relais politiques forts nous donnent l’avantage de pouvoir dialoguer avec tous les acteurs."

Naji Habra, ingénieur civil de formation en construction et en informatique, prof d’informatique et premier vice-recteur en charge du personnel depuis septembre 215, se présente donc comme un homme de dialogue. "Et de parole, ajoute Yves Poullet. C’est un homme qui est avant tout franc et loyal." C’est quelqu’un de très apprécié en interne, ajoute en substance Charles Delhez, l’aumônier de l’université.

Arrivé à Namur en 1985, originaire de Syrie où il a été diplômé à l’Université de Damas, Naji Habra devra accompagner de multiples réformes qui bouleversent l’organigramme interne à l’université. Mais il devra la faire survivre dans le paysage belge et international. Pour ce faire, il mise sur les forces de l’université : "son esprit, qui permet à chacun de se connaître personnellement", ses audaces en matière de pédagogie et quelques niches d’excellence du côté de la recherche.