La personnalité A seulement onze ans, Omar Archane, handicapé moteur, est le plus jeune chef cuisinier du Maroc.

Je ne suis pas différent de vous, je suis différent comme vous." C’est par ces mots qu’a choisi de se décrire Omar Archane, alias Chef Omar, sur sa page Facebook. Pas mal comme message d’humilité quand on sait que ce Marocain âgé de seulement 11 ans, handicapé moteur en raison d’une dystrophie musculaire, est parvenu à essuyer les moqueries et à réaliser une partie de son rêve. Dimanche dernier, à Casablanca, il recevait le prix très convoité de la personnalité web de l’année lors de la dixième édition des Maroc Web Awards (MWA), la plus grande compétition de la région MONA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Près de 75 finalistes concouraient cette année lors de cette ultime étape des MWA, tous répartis sur une quinzaine de catégories (Instagram, Youtube, personnalité web, blogueur de l’année, page Facebook…)


Sa réussite, il ne la doit qu’à lui-même : sa page Facebook regroupe aujourd’hui 75 000 abonnés et sa chaîne YouTube affiche déjà cinquante-deux vidéos. Le plus jeune chef cuistot du Maroc y enseigne des recettes simples, allant du cordon-bleu à la tarte au citron, en passant par des sushis. Demandez-lui ce qu’il veut faire plus tard, il vous répondra : "Marcher un jour pour être le plus grand chef du monde !" Manager de football fait également partie du rêve… Quand viendra l’heure de l’ouverture de son premier restaurant, les invités ne manqueront pas, comme l’ancien ambassadeur américain au Maroc, Dwight Bush, chez qui il a été convié en juin dernier pour concocter des plats marocains. Il a formé son apprenti à la préparation des "rfissa", un plat traditionnel composé de crêpes et de bouillon de poulet. Le tout dans un anglais parfait.


Omar est actuellement élève en cinquième primaire. Dans une vidéo publiée sur Facebook, on le voit se rendre à un examen, demandant à sa communauté de lui souhaiter bon courage. Pourtant, il a failli ne pas connaître les bancs de l’école. Certains établissements scolaires n’ont en effet pas hésité à prendre pour prétexte son handicap et les installations matérielles particulières qu’il nécessitait pour lui refuser l’accès à l’enseignement. Il est aujourd’hui élève dans une école américaine à Casablanca, même si, pour ce qui est d’affronter l’école de la vie, il semble déjà bien armé. Un conseil des plus sages accompagne d’ailleurs souvent la fin de ses vidéos : "Et oups, n’oubliez pas le sourire !"