La personnalité Lyonnais de naissance (le 5 mai 1951), Bruxellois d’adoption, l’inventeur de Malvira se bat aujourd’hui pour sauver le Magic Land Théâtre. Portrait. 

Pour beaucoup, le nom de Patrick Chaboud reste associé à sa créature Malvira, irrésistible personnage qui sévit notamment dans Lollipop, à la RTBF, aux côtés de Philippe Geluck. Mais l’apport du sexagénaire lyonnais à la culture belge ne saurait se limiter à l’acariâtre marionnette lançant du "Vous, ta gueule !" à tout va. Ado contestataire, il n’a que quinze ans lorsqu’il part explorer le vaste monde. En 1975, il crée sa compagnie de théâtre de rue. Itinérante, elle fait en 1978 escale à Bruxelles. Patrick Chaboud s’y installe.

En 1994, la troupe ouvre son lieu : le Magic Land Théâtre, ce sont désormais aussi des murs, une salle, une scène, une atmosphère. Le tout sis rue d’Hoogvorst, à Schaerbeek, entre la gare du Nord et la place Liedts. La sédentarisation de la compagnie ne signe pas pour autant le glas de ses activités extérieures. Le Magic Land, né dans la rue, n’y renonce pas. Et son directeur artistique, qui est tout à la fois comédien, auteur, meneur de troupe, metteur en scène, se lance avec ardeur dans l’aventure de la Zinneke Parade, événement artistico-citoyen qui voit le jour dans le cadre de Bruxelles 2000, capitale culturelle européenne. De quoi lui ouvrir des horizons neufs dans la coordination et la scénographie d’événements artistiques en Belgique et ailleurs.

Alors que sa nouvelle création (texte et mise en scène) "Transgénique Marquise des anges" s’apprête à éclore (du 1er au 30 décembre, avec 8 dates déjà complètes), le Magic Land apprend la suppression de sa subvention suite au remaniement des contrats-programme dans le secteur des arts de la scène. La fin de 40 ans d’aventures ? Patrick Chaboud signe une lettre ouverte à la ministre de la Culture Alda Greoli : "Le Magic Land Théâtre, loin d’être une structure vieillissante, a pris avec le temps une place irremplaçable dans le paysage culturel belge. […] Notre théâtre est sincèrement populaire, au sens noble du terme. Nous nous adressons à tous, nous chantons, nous jouons, nous dansons, pour que le cœur des gens soit plus grand. Nous sommes porteurs de chaleur et d’humanité, des qualificatifs à l’exact opposé des critères utilisés pour nous juger et nous condamner." Les fidèles se mobilisent, une pétition est lancée.