La personnalité Comptable devenu Premier ministre, il prône une approche pragmatique de la gestion publique.

Ancien ministre indépendantiste rallié à un nationalisme modéré, l’ex-homme d’affaires multimillionnaire François Legault (il a fondé la compagnie Air Transat) a réussi son pari d’imposer une "troisième voie" politique malgré des positions jugées populistes sur l’immigration.

Pragmatique plus qu’idéologue, cet ancien comptable, aîné d’une famille de trois enfants, revendique une approche "business" de la politique et des valeurs nationalistes : moins d’État, une meilleure gestion des finances publiques et une plus grande autonomie du Québec. Il prône également une plus grande fermeté sur l’immigration, qui menace selon lui la langue française au Québec. Il propose de réduire de plus de 20 % le nombre d’immigrants et réfugiés accueillis chaque année, et de faire passer des tests de "valeurs québécoises" et de français aux immigrés, après trois ans de séjour dans la province. S’ils échouent, M. Legault menace de les expulser… avant de reconnaître qu’il n’en aura pas le pouvoir au niveau provincial. Ces propositions lui valent les critiques de ses rivaux et de ses détracteurs, qui l’accusent d’une dérive populiste parfois comparée à celle de l’extrême droite en Europe.

Avant de décrocher ce poste de Premier ministre, Legault a été ministre de l’Industrie avant d’occuper le poste de la Santé et de l’Éducation au tournant du millénaire. En 2011, il fonde son propre parti : Coalition Avenir Québec, située clairement à droite avec laquelle il parvient, ce début de semaine, à dynamiter la traditionnelle opposition indépendantistes/fédéralistes.