La personnalité Entre autres outrances, le général qualifie de "héros" le colonel Brilhante Ustra, tortionnaire notoire de la dictature militaire brésilienne.

Hamilton Mourao, choisi comme vice-président par le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, élu dimanche président du Brésil, est un général de réserve coutumier lui aussi des déclarations extrêmement polémiques, au point de se révéler comme un partenaire parfois encombrant pour Bolsonaro.

Il y a un an, bien avant d’être nommé candidat à la vice-présidence sur le ticket de Jair Bolsonaro, ce général et fils de général avait ni plus ni moins affirmé que l’armée serait obligée d’"imposer une solution" si la situation politique du pays continuait à se dégrader.

En février, lors de son discours de départ de l’armée, il a par ailleurs qualifié de "héros" le colonel Brilhante Ustra, ancien chef des services de Renseignement sous la dictature militaire et tortionnaire notoire.

Au départ, Hamilton Mourao, 65 ans, était loin d’être le premier choix du candidat d’extrême droite, qui a essuyé plusieurs refus. Jair Bolsonaro espérait avoir pour colistier un autre général autrement reconnu et consensuel, Augusto Heleno Ribeiro Pereira, ex-commandant en chef des forces de la mission de l’Onu en Haïti.

Hamilton Mourao est né à Porto Alegre, mais ses parents sont originaires d’Amazonie et ont des racines indiennes.

Cela ne l’a pas empêché d’affirmer que le Brésil était plombé par un héritage issu de "l’indolence des Indiens et de la roublardise des Noirs".

Le général a déclenché une nouvelle levée de boucliers à la mi-septembre en déclarant que les familles monoparentales sans figure paternelle étaient des "fabriques à individus non intégrés qui ont tendance à grossir les rangs des narcotrafiquants". Mais ce qui a surtout causé du tort à Bolsonaro est un entretien dans lequel le général insinuait lors d’une conférence que le 13e mois des salariés devrait être supprimé.

Dans la suite de la campagne, le général a moins parlé, ce qui ne l’a pas empêché de déclencher un dernier tollé à la veille du premier tour, lorsqu’en arrivant avec son petit-fils dans un aéroport le candidat à la vice-présidence a déclaré : "Il est mignon, vous avez-vu ? Le blanchiment de la race", montrant le petit garçon à la peau plus claire que lui.