La personnalité Jacinda Ardern devrait, à 37 ans, devenir la plus jeune Première ministre de Nouvelle-Zélande.

Propulsée le 1er août à la tête d’une opposition travailliste aux abois, Jacinda Ardern, 37 ans, devrait devenir la prochaine Première ministre néo-zélandaise (la plus jeune de l’histoire et la troisième a occupé ces fonctions dans ce pays). Portée par une impressionnante vague de sympathie appelée "Jacinda-mania", comparée à Emmanuel Macron et au Canadien Justin Trudeau, la jeune femme a surfé sur la promesse d’un "changement" de génération pour offrir au centre gauche une remontée inespérée.

Née en 1980 à Hamilton, à 130 km au sud d’Auckland, Jacinda Ardern affirme que c’est la pauvreté qu’elle a vue dans l’arrière-pays de l’île du Nord qui a contribué à forger ses convictions de gauche. Fille d’un policier, elle a été élevée dans la foi mormone, à laquelle elle renonce dans les années 2000 en raison des positions de cette Eglise sur l’homosexualité. Elle s’intéresse très tôt à la politique grâce à une tante et entre dans les organisations des jeunesses travaillistes. Après ses études, elle travaille pour la Première ministre Helen Clark, puis à Londres pour Tony Blair. Elue à la Chambre des représentants en 2008, et toujours réélue depuis, Mme Ardern devient en mars cheffe-adjointe du Parti travailliste. A l’époque, les caciques du parti la voyaient comme un talent en devenir, mais encore trop tendre pour la joute politique. Et c’est comme par défaut qu’elle prend la tête de l’opposition quand son prédécesseur Andrew Little démissionne le 1er août alors que les travaillistes sont au fond du trou, avec 23 % des intentions de vote. "Tout le monde sait que je viens d’accepter sans préavis le pire poste politique", déclare-t-elle en devenant la cinquième cheffe du Parti travailliste en quatre ans, la plus jeune de son histoire centenaire. Parier sur la jeunesse à deux mois d’un scrutin était osé.

Elle s’est elle-même dite surprise par l’enthousiasme suscité par sa campagne. Cette diplômée de communication est adepte des petites phrases incisives qui captent l’attention, notamment au sein d’une jeunesse avide de changement. "Ma génération a été oubliée au bord de la route par le gouvernement."