La personnalité Avec Pierre Meyers, Nethys se donne pour patron un homme d’affaires mais… très proche des politiques.

A la mi-janvier dernier, trois administrateurs indépendants de Nethys sortaient du bois pour dénoncer "le bashing actuel" dont était victime, à leurs yeux, la société privée opérationnelle du holding financier public liégeois Publifin. Ils déploraient "de graves dommages à l’entreprise". Ils défendaient aussi les rémunérations octroyées à des personnes "à la hauteur de leur responsabilité d’administrateur et dont le montant a été fixé par des experts extérieurs après une étude de marché minutieuse".

Parmi ceux qui volaient ainsi au secours de Stéphane Moreau et d’André Gilles, à côté de Philippe Delaunois, ex-CEO de Cockerill-Sambre, et de Diego Aquilina, directeur d’Intégrale, on trouvait Pierre Meyers, celui-là même que le conseil d’administration de Nethys s’est donné jeudi pour nouveau président. Un homme d’affaires, donc, ce qui constitue certes un changement. Mais un homme d’affaires très proche des politiques aujourd’hui contraints de passer à l’arrière-plan…

Né à Liège en 1948, Pierre Meyers met en pratique pour lui-même le recul de l’âge de la retraite. Pourtant, il aurait pu se contenter de la brillante carrière qu’il a menée tambour battant. Licencié en administration des affaires de l’Université de Liège en 1973, il devint d’abord assistant et se voyait volontiers un avenir académique. Une année à Harvard l’en détourna au profit du monde des entreprises.

Après cela, excusez du peu : directeur financier de la Fabrique nationale de Herstal en 1979 après un bref passage par la Générale de Belgique, directeur général adjoint de Cockerill-Sambre en 1994, directeur financier et membre du comité exécutif d’Usinor (auquel Cockerill-Sambre s’est lié) en 1999, codirigeant du groupe CMI avec Bernard Serin en 2002 jusqu’à la fin 2015…

Il y a un peu plus d’un mois, il y allait d’un coup d’éclat en claquant la porte du comité d’audit et du comité de rémunération du groupe Herstal. Motif : l’immobilisme entourant la gestion du groupe. L’avenir dira s’il sera plus heureux à Nethys dont il a, tout dernièrement, associé la filiale Elicio à un projet de barrage au Nord-Kivu. Avec la bénédiction de Stéphane Moreau…