La personnalité Scott Morrison est devenu ce vendredi le nouveau Premier ministre australien, le septième en onze ans.

Scott Morrison, choisi vendredi pour former un nouveau gouvernement en Australie, est un conservateur qui s’est illustré dans la mise en œuvre d’une politique de tolérance zéro contre les boat people tentant de gagner l’île-continent. 

Ministre des Finances depuis septembre 2015, ce chrétien évangélique de 50 ans a été désigné comme successeur du Premier ministre Malcolm Turnbull, dont il était l’allié, à la faveur du "putsch" fomenté au sein du Parti libéral (centre-droit) par le désormais ancien ministre de l’Intérieur, le très droitier Peter Dutton.

Né en mai 1968 à Bronte, banlieue balnéaire de Sydney, M. Morrison est le cadet de deux enfants dont les parents animaient des programmes religieux pour les jeunes. M. Morrison s’est toujours décrit lui-même comme un membre actif de son église. C’est d’ailleurs par la religion qu’il a rencontré Jenny, avec laquelle il s’est marié à 21 ans. 

Le couple a deux enfants. Après avoir longtemps travaillé dans le secteur du tourisme en Australie et en Nouvelle-Zélande, il est élu à la chambre des Représentants en 2007 dans une circonscription de Sydney. Il avait attribué cette victoire "aux deux sources d’influence les plus importantes de ma vie : ma famille et ma foi".

M. Morrison aime donc se décrire comme un homme de foi et de famille qui tient ses engagements. Il en veut pour preuve son action à partir de septembre 2013 au gouvernement, quand l’Australie avait verrouillé ses frontières à double tour. Il avait alors été propulsé à la tête du ministère de l’Immigration qui était aussi devenu celui "de la Protection des frontières". Et c’est sous sa direction qu’avait été lancée l’"Opération Frontières souveraines" pour décourager les réfugiés d’arriver par la mer. 

Les bateaux de migrants étaient systématiquement refoulés par les bâtiments de la marine australienne. Ceux qui parvenaient à passer à travers les mailles du filet étaient exilés dans des camps de rétention reculés du Pacifique, à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

Cette politique a été couronnée de succès, en ce que le nombre des arrivées s’est réduit à peau de chagrin, mais elle a divisé l’opinion publique et terni la réputation internationale du pays.