La personnalité Après avoir travaillé comme consultante, elle est entrée en politique fin 2016, au sein du mouvement "En Marche" d’Emmanuel Macron. Portrait. 

Un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron. Telle est Sonia Krimi, députée du parti LREM (La République En Marche), une rare voix dissonante au sein de la majorité présidentielle en France. Sonia Krimi n’a en effet pas caché son indignation, ces derniers jours, à propos de l’Aquarius mais aussi après les déclarations du président français sur les aides sociales et la pauvreté. Des propos qui ont fait bondir la députée. "Mais on est où là, on est où ? On les accueille, point !", s’est-elle ainsi emportée à propos des migrants de l’Aquarius.

Députée de la Manche, Sonia Krimi est née en Tunisie il y a 35 ans. Elle a été naturalisée française en 2012. Cette brune souvent souriante, qui dit être venue en France parce que "c’est le pays des droits de l’homme", se considère comme une "migrante économique".

Elle est issue d’une famille nombreuse - elle a 4 sœurs - mais modeste, est diplômée d’une école de commerce et a travaillé comme consultante, se faisant une réputation de "cost killer".

Mais c’est sur le dossier asile-immigration qu’elle fait le plus entendre sa voix, depuis son entrée en politique, fin 2016, quand elle s’engage pour le mouvement "En Marche".

"Sonia Krimi est entière, sincère, impétueuse et travailleuse", loue la députée LREM Delphine Bagarry, une de ses proches. "Elle me fatigue", critique, de son côté, un autre membre de LREM.

Et même dans les autres formations politiques, on s’étonne parfois de sa position, moitié, dedans, moitié dehors, certains, comme Eric Coquerel (La France insoumise), se demandant "ce qu’elle fait dans cette majorité", vu son "côté insoumis", avec ses "colères saines".

Mais pas de quoi déstabiliser, pour le moment en tout cas, Sonia Krimi qui jouit d’une véritable légitimité comme députée. Normal: "elle s’est faite toute seule", étant élue en 2017 sans l’investiture LREM qui avait été accordée à un ancien partisan de Juppé. Ambitieuse, brillante, déroutante, passionnée, la "voix cash" de LREM n’est en tout cas pas prête à être mise en sourdine : "Je ne vais pas attendre qu’un ministre m’épelle ce que je dois penser !", a-t-elle rappelé après avoir été critiquée par certains, au sein de son parti.