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Si de nombreux jeunes dénoncent la mauvaise gestion des déchets dans les grandes villes africaines, la lutte prend un tournant particulièrement politique à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.


Après avoir tenu un sit-in, ce 22 février, devant l’hôtel de ville, dans le cadre de la campagne nommée #KinPropre, six activistes du mouvement citoyen "La Lucha" ont été brutalement interpellés par la police. Ils ont ensuite passé trois jours dans le cachot du camp Lufungula, dans la commune de Lingwala.

Parmi eux, Félix Musikya, 31 ans. "Nous avons été arrêtés de façon tout à fait injuste, explique-t-il. Nous réclamons simplement le respect de l’article 53 de notre Constitution."

L’article 53 de la Constitution stipule en effet que "toute personne a droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral. Elle a le devoir de le défendre. L’Etat veille à la protection de l’environnement et à la santé des populations".

"Or, poursuit Félix Musikya, le problème d’insalubrité à Kinshasa prend de l’ampleur. Il y a des décharges publiques qu’on n’évacue pas pendant des mois. Et cela entraîne des risques de graves problèmes de santé pour les Kinois."

La part de boulot des autorités

D’après ce militant de "La Lucha", la population et les autorités ont toutes deux un rôle à jouer. "Début mars, nous avions voulu commencer notre action en sensibilisant les citoyens sur la nécessité de lutter contre l’insalubrité, notamment par de petits gestes individuels dans la vie de tous les jours. Mais on ne nous a pas permis d’entreprendre ces démarches. Car les autorités savent que si la population fait sa part du boulot, elles ne feront pas la leur."

En cette période d’instabilité politique en RDC, le discours de Félix Musikya dépasse la question de la gestion des déchets. "Les autorités ont aussi peur qu’on éveille la conscience de cette population qu’elles ont manipulée pendant si longtemps sans leur rendre de comptes."