Planète

Bien à son rythme et à ses manières, la majorité wallonne Olivier poursuit son travail de redéfinition d’une politique éolienne qui se veut fort ambitieuse.

On se souvient de l’objectif que la tripartite PS-Ecolo-CDH s’assigna, fin août dernier : fixer à 4 500 gigawatts/heure la production de l’énergie éolienne en Wallonie d’ici à 2020. Soit quatre fois plus qu’aujourd’hui. Soit plus de la moitié de l’impératif européen d’électricité d’origine renouvelable à 8 000 GW/h en 2020 en Wallonie. Soit encore l’installation linéaire pendant 10 ans de 80 éoliennes de puissance actuelle par an.

Longtemps, pareille trajectoire n’alla pas de soi entre coalisés. On ne dut sans doute leur consensus qu’au soutien simultané, autant que rare, de l’associatif environnementaliste et de l’industrie du secteur. A défaut, il ne faut pas exagérer, d’avoir celui des anti-éoliens et autres comités de riverains s’opposant ponctuellement à des projets locaux

Toujours est-il que l’Olivier dut et put aussi s’accorder alors sur les moyens "d’atteindre la cible de productible éolien", comme l’explique le ministre Philippe Henry (Ecolo). Le premier de ces moyens vient de franchir une première étape. C’est l’adoption provisoire en gouvernement de ce qu’on appelle le cadre de référence. On en attend la définition des critères d’implantation des éoliennes qui garantisse idéalement l’objectif de production, un cadre de vie de qualité, la préservation des paysages et sites. Pareil cadre existe déjà mais, daté de 2002, est dépassé. D’où sa réécriture nécessaire. Les acteurs de la filière, municipalistes, agriculteurs seront consultés sur la copie, avant adoption définitive par le gouvernement "dans les prochains mois". Il est question ici d’exclusion de certaines zones, de règles de confort visuel et acoustique des citoyens, de principe de regroupement près des infrastructures ou d’extension des parcs existants (ci-contre).

Ce n’est pas tout. D’abord, une "carte positive de référence" doit fixer des zones favorables. Non pas des sites précis, notamment pour éviter autant que possible la spéculation sur les terrains potentiels, mais des "lots" de communes regroupées géographiquement. Ce travail-là a débuté et devrait être présenté au gouvernement au printemps.

Ensuite, autre première en Wallonie, un décret devra formaliser le sujet, notamment sur les questions sensibles touchant à la gestion du foncier et à l’identification des retombées de la production électrique, en reconnaissant l’énergie éolienne d’utilité publique. Ce décret devrait atterrir au Parlement wallon fin 2012. On ne sait pas encore ce qu’il intégrera du cadre de référence susdit. Ce n’est pourtant pas un détail : un décret a, évidemment, une portée contraignante normative, alors que le cadre, l’actuel comme le futur, n’a qu’une valeur indicative

D’un échange en commission parlementaire, mardi, on comprend que les groupes PS et CDH n’ont pas fini de s’interroger. Tandis que, dans l’opposition, le MR ne s’interroge plus. Il dénonce ce qui lui apparaît comme un "tout à l’éolien", à coups futurs d’expropriations pour cause "d’utilité non pas publique, mais idéologique"; autant qu’il s’en prend aux lenteurs vertes à ses yeux : "La réalité ne vous attend pas, sert Willy Borsus à Philippe Henry. Il y a des projets partout en Wallonie, à l’un ou l’autre stade. Quand vous aurez fini, les 4/5es du territoire wallon utilisable seront captés contractuellement". Le ministre, lui, juge que la situation actuelle est "stable", hormis bien sûr des protestations de terrain "habituelles dès qu’il s’agit de permis".