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L’éolien pas (encore) dans le vent à Bruxelles
Raphaël Meulders
Mis en ligne le 23/01/2010
Don Quichotte se sentirait bien isolé à Bruxelles. Même en regardant loin à l’horizon, l’homme de la Mancha y trouverait très peu d’éoliennes, ces moulins à vent modernes, à pourfendre : tout au plus en compte-t-on une petite dizaine à Bruxelles. L’éolien n’est donc pas vraiment dans le vent dans la capitale.
Les résultats d’une récente étude ont d’ailleurs été perçus comme des coups de blizzard par les "environnementalistes" les plus convaincus. "Le système éolien n’est pas encore assez mature pour une ville de la taille de Bruxelles, explique An Verspecht de Bruxelles Environnement. Même les actuelles miniéoliennes, expérimentées à gauche et à droite en Europe, ne seraient pas encore adaptées à la capitale. "C’est très difficile d’installer des éoliennes en milieu urbain. Il y a trop de turbulence entre les différents bâtiments et les vents y sont irréguliers, reprend An Verspecht. Pas question non plus d’installer sa (mini) éolienne dans son jardin où le vent est très souvent "quasiment nul".
Sans parler des nuisances sonores provoquées par la rotation des éoliennes, les problèmes de sécurité ou encore la "pollution" visuelle. "Avec les techniques actuelles, ce serait difficilement gérable à Bruxelles, si ce n’est sur le toit de certains grands bâtiments (60 à 80 m de hauteur)." Mais Bruxelles Environnement ne désespère pas. "Les données de l’étude ont été transférées aux constructeurs qui sont en train de plancher sur de nouvelles techniques mieux adaptées au milieu urbain", explique la spécialiste de Bruxelles-Environnement.
Et à ce niveau, un marché pourrait bien exploser : celui de la miniéolienne. "Trop longtemps, les constructeurs se sont limités à concevoir des répliques, en plus petites tailles (10 à 15 m), d’éoliennes classiques, mais depuis quelques années on remarque des innovations", observe An Verspecht. Le vent nouveau dans le secteur vient essentiellement du miniéolien à axe vertical (3 à 5 m de haut, d’une puissance de 5 à 15Kw) qui commence à fleurir à travers différentes villes européennes. Avec ce système, l’éolienne tourne, à l’instar des hélices d’un hélicoptère, au-dessus de nos têtes.
A Londres, on a investi massivement dans ce type de turbines en vue des Jeux olympiques de 2012. "L’avantage de la miniéolienne à axe vertical est d’être beaucoup moins dépendante du changement de direction ou de puissance du vent", explique An Verspecht. Reste que, même si les constructeurs se ruent sur ce nouveau marché, les prix restent élevés (de 1500 à 25 000 euros). Malgré les différentes primes octroyées, le retour sur investissement n’est donc pas encore assuré. Mais vu la concurrence dans ce secteur, ce n’est sans doute qu’une question de temps. Le vent serait-il finalement en train de tourner dans la capitale ?
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L’effet "Venturi" est bien connu des scientifiques et a déterminé la création de mini-éoliennes spécifiques au milieu urbain : lorsque l’air s’engouffre entre deux obstacles comme deux montagnes ou deux grands bâtiments, il est accéléré par effet Venturi. De même, lorsqu’il rencontre une colline, l’air est accéléré au niveau du sommet. Ces lieux sont donc très appropriés pour les éoliennes. Ils sont cependant le plus souvent de surface restreinte et peuvent être soumis à des turbulences si la forme des obstacles est irrégulière. D’où la difficulté de créer des éoliennes dans ce type d’endroits.
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