Planète

Quand ce ne sont pas les papillons, les chauves-souris ou les oiseaux, ce sont les batraciens que guette l’association de protection de la nature, Natagora. Cette fois, en effet, c’est de la raréfaction de l’Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) qu’elle s’inquiète. Considéré comme rare dans la plupart des régions qu’il occupe, ce petit amphibien, qui crèche au Sud-ouest de l’Europe, semble se faire trop discret, voire rare dans nos campagnes wallonnes où il a élu domicile.

Aussi, pour vérifier l’état de sa population, Raînne, le pôle “amphibiens et reptiles” de Natagora relance-t-il une enquête en invitant la population à signaler sur le site www.natagora.be/rainne les spécimens qui auraient été vus ou entendus.

Crapaud accoucheur
© THierry KInet

Sous les cailloux, il chante

Alors, où croiser ce petit (moins de 5 cm) crapaud gris-brun ? Il faut savoir qu’il aime les cailloux sous lesquels il passe le plus clair de son temps. On peut ainsi le retrouver sur des falaises naturelles le long de cours d’eau, dans des ruines, sur des terrils ou dans de nombreuses carrières. Mais aussi en pleine ville, que ce soit à Liège, Namur ou Charleroi. Pas à Bruxelles, en revanche, où il a disparu depuis belle lurette, malgré des tentatives de réintroduction dans quelques jardins. “Le crapaud accoucheur a notamment fortement régressé en Brabant wallon où seuls quelques sites l’abritent toujours, ajoute Thierry Kinet, herpétologue du pôle Raînne de Natagora. À l'inverse, au Pays de Herve ou en Hainaut par exemple, des populations apparemment en bonne santé se maintiennent. Les raisons de ces situations contrastées sont parfois difficiles à expliquer."

Crapaud accoucheur
© THierry KInet

Quand le chercher ? A partir d’une demi-heure et jusqu’à quatre heures après le coucher du soleil, de préférence lors des soirées douces (> 10°C), sans vent et sans pluie.

Souvent difficile à observer, le crapaud accoucheur est en revanche très reconnaissable par son chant. Impossible à confondre, il est constitué d’une répétition de “toû” flûtés, de quoi animer les soirées printanières…

Un vrai petit papa poule

Et s’il s’appelle Alyte accoucheur, c’est tout simplement qu’il n’hésite pas à aider la femelle pour pondre. “Pendant plusieurs semaines et plusieurs fois par an, il porte ainsi à la base de son dos un ou deux cordons d’œufs qu’il met un point d’honneur à conserver dans des conditions favorables à leur bon développement, explique Natagora. Et lorsqu’ils sont suffisamment vigoureux pour nager parfaitement, ce “papa poule” dépose les têtards dans la mare où ils deviendront adultes.” 

Crapaud accoucheur
© THierry KInet