Planète

A Bird Island, la famille Savy a créé en 1967 l'un des premiers projets d'écotourisme au monde. Sternes, paille-en-queue et fous s'y côtoient. Les plages sont des sites de reproduction pour les tortues de mer.

A bord du catamaran qui nous y emmène, Hubert, notre skipper seychellois, profite des longues heures de navigation pour nous donner un petit cours de géographie. Car si l’on a mis le cap sur Bird Island, l’île la plus septentrionale de l’archipel des Seychelles, sur sa carte marine, on lit toujours "île aux vaches". "Autrefois, il y avait beaucoup de dugongs, des vaches marines, qui venaient s’y reposer", explique-t-il. Mais au XVIIIe siècle, les navigateurs anglais qui posent le pied sur ce bout de paradis sont surtout impressionnés par les colonies d’oiseaux qui y nichent. Ils la rebaptisent donc Bird Island - l’île aux oiseaux.

Le temps a passé, mais l’impression de débarquer sur un morceau de terre complètement préservé est toujours présente, à Bird. Nick Savy, co-directeur de l’île privée (avec son frère Alex), nous accueille à la plage. Pieds nus dans le sable blanc, il nous raconte son bout du monde en quelques mots d’amour. Car c’est véritablement de cela qu’il s’agit, entre sa famille et Bird Island, qu’ils ont achetée en 1967. A l’époque, une plantation de noix de coco y tourne à plein rendement. Mais épuise également les sols et nuit, au final, à l’environnement.

Des nids au pied des palmiers

Peu à peu, les Savy vont s’employer à réhabiliter les lieux, reconstruire un hôtel qui soit plus respectueux du cadre et des valeurs qu’ils défendent et faire de ces quelque 0,75 km² un véritable havre de paix pour les oiseaux qui viennent s’y reproduire. A cette période de l’année - fin janvier -, si les sternes, les martins et les pailles-en-queue sont déjà là pour nous accueillir et nous lancer quelques trilles au réveil, c’est à partir de mai et jusqu’en septembre qu’ils sont les plus nombreux. "On recense à peu près 1,7 million d’oiseaux", s’enorgueillit, à juste titre, le propriétaire. C’est que le site est propice à la nidification. Des arbres, bien sûr, mais également de larges zones sableuses et herbeuses, où installer ses œufs. Au pied de quelques palmiers, des pierres ont été posées pour que les plus paresseux puissent installer leur nid à même le sol.