Planète Vienne caracole toujours en tête du classement mondial des villes les plus agréables à vivre. Bruxelles passe de la 21e à la 27e position à cause des attentats. Pourtant, la capitale est une ville "aimable", selon un sociologue.

Bruxelles aurait intérêt à mettre en avant ses atouts et travailler ses faiblesses pour remonter dans le classement, estime Mathieu Berger, professeur de sociologie urbaine à l’UCL et directeur du Metrolab Brussels.

Que pensez-vous du classement annuel des villes en fonction de la qualité de vie ?

Il faut être conscient qu’à travers ce classement, on encourage une concurrence des villes au niveau mondial qui n’a pas que du bon et qui s’inscrit dans une dynamique de globalisation et de standardisation des villes. Comme elles cherchent à se dépasser les unes les autres, elles finissent par se ressembler.

Les critères vous semblent-ils appropriés ?

Les villes ont toutes des choses différentes à proposer, il est compliqué d’établir des critères objectifs, on ne peut le faire qu’à travers un type de personnes concernées. Ici, c’est un cadre d’entreprise qu’on cherche à attirer dans une ville ou une autre. Les villes sont donc qualifiées à la lumière de ce "personnage". Or, si on aime l’aventure, on ne va sans doute pas se ruer à Luxembourg et si on adore le surf, on trouvera que la qualité de vie à Honolulu est incroyablement meilleure qu’à Bruxelles. De même, si on recherche le cosmopolitisme, on préférera Bruxelles à Bâle qui est pourtant mieux classée.

D’autres paramètres auraient donc dû être ajoutés ?

Oui, des éléments sont laissés dans l’ombre. Par exemple, le classement ne s’intéresse pas à des critères politiques autres que la stabilité ou le taux de criminalité. On ne sait pas si la ville est sous un gouvernement progressiste ou d’extrême droite. Excepté les villes allemandes, nombreuses en tête du classement, on remarque que la plupart des villes du top 20 sont en Suisse ou au Luxembourg, des pays fermés et protectionnistes. Il y a aussi des villes d’Australie ou de Nouvelle-Zélande, éloignées du monde, protégées, marquées par leur insularité. Bruxelles est une ville ouverte, pourtant cette dimension positive ne fait pas partie des critères.

Que pensent les Bruxellois de leur ville ? La qualité de vie est-elle bonne à leurs yeux ?