Planète Donnez davantage de temps de recherche aux professeurs d’université, demande le Pr Charlier. Cet ingénieur physicien, reconnu à l’international, bénéficie d’une bourse spéciale pour réduire ses cours. Et avoir la liberté de "cogiter". Rencontre Sophie Devillers

Dans son bureau, dans un coin perdu du parc scientifique de Louvain-la-Neuve, le professeur Jean-Christophe Charlier, qui sort de journées de correction d’examens, pense déjà à la défense de thèse de doctorat à laquelle il assistera cet après-midi, et au colloque du lendemain, qu’il doit organiser.

Mais malgré cet agenda chargé, ce professeur de physique à l’Université catholique de Louvain ne fera pas sa "rentrée scolaire" dans quelques jours. Pour lui, le 18 septembre, il n’y aura ni tableau noir ni auditoire bondé. Le quinquagénaire passera l’année dans son labo. Ou presque. Une exception parmi ses collègues "académiques", qui se partagent (plus ou moins équitablement) entre l’enseignement et la recherche. Jean-Christophe Charlier, lui, bénéficie pour trois ans d’un mandat "de professeur de recherche Francqui" (lire par ailleurs). Le bénéficiaire de cette bourse peut alléger ses charges d’enseignement au profit de son activité de recherche.

Une "vraie bouffée d’oxygène", selon Jean-Christophe Charlier. Car "pour faire de la recherche, il faut du temps !" Avec ce mandat, il dispose de davantage de temps pour discuter avec les membres de son équipe, pour lire la littérature scientifique. Et pour… ne rien faire. "Enfin, ne rien faire n’est pas le bon mot, sourit-il. Pour faire de la recherche, il faut pouvoir cogiter dans le calme, sans la pression du quotidien. Se dire qu’on a deux ou trois heures devant soi pour lire un article scientifique à l’aise et y réfléchir. Voir ce que je peux faire de plus, comment collaborer avec eux… Réfléchir à de nouveaux sujets de recherche… Il faut du temps libre. Si on est tout le temps oppressés par l’enseignement, les réunions, on n’a plus ce temps pour réfléchir."

Payés à rêvasser sur le sofa ?

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