Planète

La Belgique vit une situation météorologique exceptionelle en ce moment. Des records de température sont battus un peu partout dans l'hémisphère Nord.

Hugues Goosse, professeur de climatologie à l’UCL, évoquait un "événement extrême", au micro de la RTBF ce vendredi matin.

Selon lui, la situation actuelle ne peut pas être attribuée qu'au réchauffement climatique mais il augmente la probabilité de ces événements-là. "On peut donc affirmer maintenant avec un très grand degré de certitude que le réchauffement global est lié au changement climatique parce qu’on a un très grand nombre d’observations partout sur la Terre et qu’on peut vraiment avoir des séries temporelles très longues et très précises. Les événements extrêmes sont, par définition, des événements rares donc on a plus de mal à comparer. Le réchauffement climatique, on peut le montrer de manière précise, augmente la probabilité de ce genre d’événements".

La situation pourrait donc se répéter dans les années à venir mais également s'amplifier. "On parle souvent d'une limitation du réchauffement climatique à deux degrés mais des problèmes peuvent également apparaître à partir de 0.5 degré, comme cette île qui disparaît aux Etats-Unis. En réalité les problèmes se font déjà ressentir ".

Le climatologue met en évidence la responsabilité des pays du Nord, qui sont les plus gros pollueurs de la planète, alors que les conséquences se feront ressentir de manière plus importante dans le Sud. "Le problème est réellement global" affirme-t-il.

Jusqu'à atteindre les 55 degrés en Belgique ? C'est ce qu'affirmait Jean Jouzel, un climatologue français dans L'Echo en début de semaine. Hugues Goosse confirme la tendance. "Ce que l’on fait aujourd’hui a un impact pour des décennies. Le CO2 qui a été émis durant le siècle ou les deux siècles passés va continuer à entraîner des perturbations climatiques et augmenter les températures. On va continuer quoi qu’il arrive à avoir une augmentation de température. Ce qu’il faut faire, c’est agir pour que cette augmentation soit la plus modérée possible"

Concernant l'accord de Paris, il ne se montre pas optimiste. "Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour tenir ses engagements, il faudrait des actions beaucoup plus fortes et pas seulement en Europe", explique-t-il.

Néanmoins, il rappelle que des solutions existent. "Préconiser les transports en commun par exemple, cela passe par une prise de conscience. Les gens doivent réaliser que certains comportements ne sont pas soutenables à long terme".