Planète

Les grandes ONG internationales ont claqué jeudi la porte de la conférence internationale sur le climat à Varsovie, la veille de sa clôture officielle. Un coup d'éclat sans précédent pour dénoncer des pourparlers, censés poser les fondations du grand accord de 2015. Les ONG belges ont suivi le mouvement car "ce sommet, qui aurait pu constituer un pas important pour la transition juste vers un futur durable, ne va déboucher sur rien ou presque", ont-elles indiqué dans un communiqué commun. Il s'agit d'une décision sans précédent dans le cadre des grandes négociations onusiennes sur la lutte contre le changement climatique.

"Face au manque de leadership de la présidence polonaise et à la passivité de nombreux pays industriels, les organisations et mouvements représentant la société civile aux quatre coins du monde ont décidé de faire un meilleur usage de leur temps en se retirant des pourparlers de Varsovie", écrivent les ONG.

"Cette conférence de Varsovie ne va déboucher sur rien", poursuivent Greenpeace, Oxfam Solidarité, WWF, les Amis de la Terre Europe, la Confédération internationale des syndicats et ActionAid International, rejoints notamment par le Centre national belge de coopération au développement, le CNCD-11.11.11. "Les citoyens du monde entier ont le droit de savoir dans quelle situation désespérée se trouvent aujourd'hui ces négociations".

La conférence de Varsovie doit s'achever vendredi, après près de deux semaines de pourparlers censés poser les fondations de l'accord attendu en 2015 à Paris sur les réductions d'émission de gaz à effet de serre dans le monde.

"Parallèlement au recul du Japon, de l'Australie et du Canada, et le manque de volonté significatif d'autres pays, les gouvernements ont craché au visage de ceux qui souffrent du changement climatique", a expliqué le directeur de Greenpeace international Kumi Naidoo, dans un communiqué.

Il faisait notamment allusion au manque de progrès sur la question de l'aide financière promise par les pays industrialisés aux pays du Sud pour faire face au changement climatique.

Par ailleurs, "la Chine peut changer la donne, mais n'a pas encore traduit ses efforts nationaux en engagements constructifs dans ces pourparlers", ajoute-t-il, accusant également la Pologne d'avoir transformé cette conférence en "exposition pour l'industrie du charbon".

"Nous croyons dans ce processus, nous n'abandonnerons pas (...) mais Varsovie n'a simplement pas été à la hauteur", ajoute-t-il.