Planète

A seulement une semaine de la COP24, le constat de l'ONU en matière de réchauffement climatique est alarmant. Il y a un énorme fossé entre ce que nous devons faire et ce que nous faisons réellement pour prévenir des niveaux dangereux de changement climatique, et cet écart se creuse. Pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement, les pays doivent tripler le niveau de leur effort. Et le multiplier par cinq pour ne pas aller au-delà de 1,5 °C.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a présenté mardi 27 novembre son Emissions Gap Report 2018, sur base des dernières données compilées par une équipe internationale de scientifiques. "Il est encore possible de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 2 ° C, mais la faisabilité technique permettant de réduire l'écart de 1,5 ° C est en train de se réduire", explique le rapport. Si nous voulons maintenir le réchauffement en-deçà de 2 ° C d’ici 2100, nous devrons nous assurer que nos émissions ne dépasseront pas 40 gigatonnes d’équivalent CO2 à l’horizon 2030.

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Alors que les émissions mondiales de gaz à effet de serre s'étaient stabilisées entre 2014 et 2016, elles sont reparties à la hausse cette année. Comment vont-elles évoluer à l’avenir ? Tout dépend de ce que les pays choisissent de faire pour réduire leurs émissions.

Les engagements climatiques pris à ce jour ne suffisent pas à assurer la sécurité de notre planète. Les quatre plus gros émetteurs, à savoir la Chine, les Etats-Unis, l'UE et l'Inde, représentent plus de 56% des gaz émis au cours des dix dernières années.

"Les gouvernements devront prendre des engagements beaucoup plus ambitieux pour réduire leurs émissions". Lesquels ? En matière de fiscalité politique par exemple, il est impératif de renforcer la part des énergies renouvelables (solaire et éolien), ainsi que stopper la déforestation tout en reboisant rapidement. Le rapport appelle aussi à supprimer les subventions pour les énergies possibles, ce qui limiterait les émissions de 10% d'ici 2030. "Lorsque les gouvernements adoptent des mesures fiscales pour subventionner des solutions à faibles émissions et taxer les combustibles fossiles, ils peuvent stimuler les bons investissements dans le secteur de l’énergie et réduire considérablement les émissions decarbone", a déclaré Jian Liu , scientifique en chef d’ONU pour l’environnement.