Planète

Vous avez peut-être expérimenté ces derniers jours la fournaise des routes. Pour lutter contre ce problème, des initiatives existent. Mais lesquelles sont efficaces ?

À peine sortie de la canicule que la Belgique voit se profiler une nouvelle semaine torride. De quoi avoir peur de se retrouver dans un embouteillage, grillé par le soleil estival. Dans de telles conditions, les villes forment même des "îlots de chaleur". De véritables bulles étouffantes qui enserrent les centres urbains. Elles naissent de l’absorption du rayonnement solaire par le tarmac et par les bâtiments.

L’uchimizu japonais

Le phénomène n’est évidemment pas que belge. Et plusieurs solutions ont été proposées à travers le monde. La première vient tout droit du pays du soleil levant : "l’uchimizu". L’idée est simple. Le bitume est chaud, alors autant le refroidir avec de l’eau. Objectif : créer un microclimat plus frais. Les autorités japonaises assurent que cela aidera le pays à accueillir les JO d’été, dans deux ans. Une réponse destinée à rassurer ceux inquiets après la canicule inédite qui a frappé le Japon.

Pas compliqué en somme comme proposition. Mais est-ce que c’est pour autant probant ? Une équipe de l’université de technologie de Delft a voulu en avoir le cœur net. À l’aide d’un cube doté de câbles de fibres optiques mesurant précisément les différences de température, ils ont pu tester la méthode. Bilan : concluant mais mitigé. Cela marche toujours. Mais deux facteurs limitent l’effet de l’uchimizu. D'une part, si la chaleur est intense, on en tire moins de bénéfices. Et de l’autre, si l’espace humidifié reste au soleil, l’effet est évidemment bien moins permanent qu'à l'ombre à cause d'une évaporation plus rapide.

Repeindre les routes californiennes en blanc

À l’autre bout du Pacifique, une autre technique a été employée. À Los Angeles par exemple, qui compte plus d’heures d’ensoleillement que la Côte d’Azur. Si l’absorption des rayons lumineux par la route pose problème, qu’on la rende réfléchissante. C’est tout le principe. Recouvrir une partie de la ville d’une surface possédant cette propriété. Et la couleur qui le fait le mieux, c’est le blanc. D’où la teinte de l’enduit utilisé par les services municipaux, à l’opposé de l’asphalte noire habituellement utilisée. Cela permet de s’épargner quelques degrés supplémentaires.


L'intention est aussi d'avoir un moyen pour limiter l’utilisation des climatiseurs. Et donc pour lutter contre le réchauffement climatique. Véridique ? Pas si sûr. Parce que si la technique est peu onéreuse, il faut produire le matériau. Et s’il faut commencer à repeindre tout Los Angeles en blanc, il n’est pas dit que la planète y gagne au bout du compte.

Un recours à la nature à Paris

Le salut de nos villes passerait donc-t-il alors par les plantes ? Dans la capitale française, c’est l’option que la mairie a sélectionné dans son Plan Climat de 2017. Les cours de récréation sont végétalisées et débitumées pour créer ce que la commune appelle des "cours d’école oasis". La végétation crée de l’ombre, absorbe du CO₂ et rejette de la vapeur d’eau. Priorité est ici donnée aux enfants, plus sensibles à la hausse des températures.

Enfin un remède parfait ? Presque. Le seul hic, c’est que plus il fait chaud, plus les arbres rejettent des aérosols. Ce qui dégrade la qualité de l’air. Mais ce type de pollution reste toutefois bien plus souhaitable que celle issue d’autres méthodes industrielles de refroidissement. Le mieux serait peut-être encore de combiner les différentes méthodes. Un peu d’eau, de surfaces réfléchissantes et d’arbres. C’est bien en ce sens que se dirigent les métropoles de par le monde.