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Depuis vendredi soir, l’ouragan Harvey a tué trois personnes et causé des milliards de dollars de dégâts. Sous les eaux, les villes texanes attendent encore de fortes pluies. Le président Trump doit se rendre au Texas ce mardi.

1. Comment se forment les ouragans ?

"Les ouragans se forment au-dessus des eaux chaudes, vers 26 degrés, explique Fabian Debal, responsable des prévisionnistes à l’Institut royal de météorologie. Au départ, c’est un système orageux, il se forme un peu en deçà de l’Equateur puis il prend une forme de spirale. Ensuite, il va progresser." Les tempêtes sont classées en fonction de la force de leurs vents, la dépression tropicale devient tempête quand les vents dépassent 63 km/h. 

"Une échelle de 1 à 5 définit la puissance des ouragans, poursuit l’expert. Quand Harvey a atteint les côtes texanes, il était classé force 4, avec des vents de 209 à 251 km/h, c’est très violent. Ce cyclone fait environ la taille de la France et son œil, au centre, d’un diamètre de quelques kilomètres, est assez calme. Les vents les plus violents sont en bordure de l’œil. Quand l’ouragan arrive sur les terres, la vitesse moyenne des vents faiblit car il se retrouve privé de son énergie, la chaleur et l’humidité, même si cela n’empêche pas les rafales."

2. Pourquoi Harvey stagne sur le sud du Texas ?

Le déplacement de la tempête est inhabituellement lent, de l’ordre de 5 km/h. "Elle fait une petite boucle dans le sud du Texas, précise le météorologue. Harvey se trouve dans une zone de faible pression atmosphérique." Si les vents d’altitude sont plus forts, ils dirigent la tempête dans une direction où elle perd progressivement en intensité mais Harvey, peu "dirigé" par ces vents, effectue des boucles. Ce lundi soir, le cœur de la tempête devait se trouver au-dessus des eaux du golfe du Mexique. Elle s’alimente en humidité et balayera de nouveau le Texas ce mardi. "A partir de mercredi, Harvey devrait se diriger vers la Louisiane mais comme il va rentrer de manière plus prononcée dans les terres, il va perdre en intensité", ajoute Fabian Debal.

3. Pourquoi Houston subit-elle de graves inondations ?

"Un ouragan provoque toujours de très fortes précipitations, explique le météorologue. Dans le cas de Harvey, il se déplace peu donc les précipitations affectent les mêmes zones pendant des jours. Le cumul est énorme et va probablement être historique. On a estimé qu’il est déjà tombé plus de 600 litres par mètre carré. Pour comparer, à Bruxelles, 800 litres tombent par an. Comme la tempête va encore stagner, il faut s’attendre à 600 litres supplémentaires, soit 1 200 litres au total prévus. En moins d’une semaine, cela représente 18 mois de pluie à Bruxelles."

4. Faut-il craindre une hausse de la fréquence et de la violence des ouragans ?

Pour le météorologue, si la température globale augmente, sachant que l’air chaud peut contenir plus d’humidité que l’air froid, il est possible que l’intensité des tempêtes s’accentue. "Des cyclones d’une intensité plus grande sont l’une des conséquences attendues du changement climatique, explique Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, groupe de référence au niveau mondial sur le climat. Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre", explique la climatologue.

5. Si les océans se réchauffent, de telles tempêtes atteindront-elles l’Europe ?

Selon Météo France, "la latitude à laquelle les cyclones ont atteint leur intensité maximale a migré vers les pôles au cours des 35 dernières années dans les deux hémisphères". "La zone concernée par les tempêtes pourrait s’étendre, explique le météorologue Fabian Debal. On pourrait voir s’échouer des ouragans plus loin tout en sachant qu’ils perdent de leur force quand ils s’éloignent des zones tropicales. Il est déjà arrivé que des cyclones arrivent près des Açores ou se rapprochent du Portugal. Tout va dépendre de la circulation des vents d’altitude. La hausse des températures ne s’effectuera pas de manière uniforme et cela influencera les vents d’altitude mais on ne sait pas encore de quelle manière, il y a différentes projections."