Planète

Entre sa première qualification de tempête tropicale, le 30 août et son entrée dans l’ultime et redoutée catégorie 5 des cyclones tropicaux le 5 septembre, juste avant de frapper ses premières îles, Irma a traversé l’océan Atlantique et franchi inexorablement tous les échelons sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui mesure la force des ouragans. Ce n’est qu’à l’heure de confiner et de barricader des dizaines de milliers d’habitants que l’on a saisi l’ampleur du danger : Irma est le cyclone le plus sévère observé aux Antilles depuis Hugo en 1989, et le plus puissant de tout l’Atlantique depuis Wilma en 2005. Peut-être même le plus puissant tout court, depuis toujours.

Rythme effréné

Il est difficile de mesurer la vitesse exacte des vents qui l’agitent : l’anémomètre de Barbuda (un caillou de 1 600 âmes situé dans le nord des petites Antilles) a enregistré 250 km/h dans la nuit de mardi à mercredi… avant de lâcher. Un peu plus tard, c’est la station météo de Saint-Barthélemy qui a cessé de répondre : elle n’a pas envoyé son rapport à 5 heures du matin. Les instruments ont dû perdre l’électricité ou être emportés par le vent, dont certaines rafales ont dépassé les 300 km/h. En altitude, on peut toujours compter sur les hurricane hunters, les chasseurs d’ouragans de l’armée de l’air américaine. Ils frôlent le toit du cyclone et font plonger leurs avions dans son œil pour collecter de précieuses données à transmettre au Centre national des ouragans, à Miami. Mardi, ils ont noté 287 km/h en surface du quadrant nord.

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