Des abeilles en entreprise

Julie Anciaux Publié le - Mis à jour le

Planète

GlaxoSmithKline Vaccines est une énorme entreprise, localisée dans le zoning Nord de Wavre. Barrières, tourniquets, badges : tout est fait pour assurer la sécurité. Ici, plus de 4 000 personnes travaillent à développer et à produire des vaccins. Mais à côté des grands bâtiments et des camions, se cache un endroit dédié à la nature : un sentier de deux kilomètres à l’intérieur du site et, à l’extérieur, quatre hectares faits de bois, d’une prairie sauvage et d’un verger.

"Le premier sentier nature créé chez GSK Vaccines date de 1999 sur le site de Rixensart. L’initiative avait été lancée en interne par des passionnés", se souvient Jean-François Menu, manager maintenance, assis sur un banc près des arbres fruitiers. Les objectifs étaient de mettre en valeur un site humide le long de la Lasne, de sensibiliser le personnel à la protection de l’environnement et de lui offrir une aire de détente. Quelques années plus tard, en 2007, "l’entreprise de Wavre a décidé d’accueillir un sentier nature frère. L’environnement étant différent, nous avons mis en avant d’autres thèmes sur les panneaux didactiques. La spécificité est le rucher".

Le rucher, le voici, posé à quelques mètres du verger. Il s’agit d’une infrastructure en bois abritant sept ruches. Chacune d’entre elles renferme de 50 000 à 80 000 abeilles. "GSK Vaccines offre l’hospitalité à nos abeilles et nous nous occupons de leurs soins. Cela représente une trentaine de visites sur l’année", explique Didier Heuten du Cari, le Centre apicole de recherche et d’information.

"Un peu partout, les plantes se raréfient et sont souvent contaminées par des fongicides ou des insecticides. Ici, les hyménoptères ont tout ce qu’il leur faut dans un rayon de trois kilomètres", poursuit le technicien apicole, alors qu’un pic- vert chante bruyamment dans la forêt voisine. "GSK Vaccines privilégie les plantes indigènes et n’utilise pas de pesticides. L’entreprise a d’ailleurs signé la charte nature de l’ASBL Natagora." Le rucher fait partie d’un réseau de suivi sanitaire, réparti dans toute la Wallonie et qui enregistre notamment les mortalités dues aux varroas, ces acariens parasites des abeilles.

Le personnel peut en toute sécurité regarder, au travers d’une vitre, les insectes travailler. Subtilité : on les entend aussi bourdonner grâce au voile qui remplace une partie de la paroi vitrée près du plafond. De leur bureau, les employés ont accès à des nouvelles de la colonie sur le site intranet de la société. Une fois par an, ils reçoivent même un petit pot de miel avec un mot explicatif - un moment très attendu.

Mis à part le rucher, l’espace nature est pris d’assaut au moindre rayon de soleil. Il faut dire que l’endroit est idéal pour se ressourcer au milieu d’une journée de travail, ou même d’une journée de congé, puisque les riverains y ont accès. Mais GlaxoSmithKline ne le nie pas : "Avec ce projet, qui se situe dans un contexte plus général de respect de l’environnement, nous soignons aussi l’image de GSK Vaccines et nous espérons faire des émules auprès d’autres entreprises".

Au final, quel est le coût de toutes ces réalisations en faveur de l’environnement ? Martin Coppe, contremaître infrastructures et espaces verts pour les sites belges, répond : "L’investissement de départ s’élève à plusieurs milliers d’euros. Toutefois, l’entretien est moins coûteux qu’un entretien paysager et on ne peut pas chiffrer toutes les retombées positives".

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